Atelier d'écriture du 15/02/2026.
En compagnie de Galad-El, Milou et CHAUSSETTE.
(30 secondes) Liste ce que tu as retenu de la ballade dans les Hautes Fagnes
Givre ; vent qui donne l'impression d'avoir des sourcils givrés ; sapins ; l'eau qui coule sous la glace ; les crêpes
(5 minutes) Écris en partant d'une de ces idées
Une crêpe retournée. Son odeur sucrée qui parvient à mon nez. Il est encore marqué de ce rouge vif magnifique. J'essaie d'éponger ce qui coule de mes narines agressées. Heureusement que l'odeur des crêpes les réconforte. Bientôt, elles viendront réchauffer mon ventre. Mon estomac s'est figé au contact de mon diaphragme. Une scène gelée par un vent bien trop froid. Son passage au travers des sapins - ce vacarme - bourdonne encore dans mes oreilles. Ça crépite. La crêpe est prête.
(10 minutes) Sélectionne une photo de notre ballade. Retourne la et écris !
Montagnes aux sommets cristallisés. Mais qu'est-ce ? Le ciel a une teinte térreuse. Les ténèbres transpercent ces hypothétiques nuages. Les cristaux convergent autour d'eux comme pour les contenir. Quelle chamane a ainsi béni les monts de Ganefs ? Aucun druide ne possède un tel pouvoir. Amoncelés en une arborescence presque parfaite, ces étranges diamants nous adressent un message. Puisque nous sommes les Hommes et eux nos protecteurs : tâchons de rester sages. Il est de notre devoir de demeurer loin de ces tortueux ténèbres. Résistons aux curiosités et aux tentations. Contentons nous d'observer sa magie opérer. Car Rodawen l'a décidé ainsi : par la Nature on naît, par la Nature on disparaît.
(20 minutes) À propos de quelque chose qu'on ne voit pas
Attraction invisible mais bien réelle. Force surnaturelle : on a choisi de respecter ce terme. Le chaos sommeille au creux de l'appareillage et englobe toute la salle. Nul ne le voit ou ne le ressent s'il est nu. Pas un souffle. Pas un son provenant de lui. On suppose parfois qu'il n'existe pas. On prétend qu'il peut s'éteindre. Un banal interrupteur. Danger ou sécurité. Illusion ou réalité.
Un bijou vient sublimer l'oreille de Sarah. Quel mal y a-t-il à accessoiriser son visage ? Les maîtres des lieux lui ordonnent pourtant de s'en défaire. Rien qui ne lui coûte la vie, a priori. Elle ne se contente pas d'effleurer l'entité supposée : elle y est soumise, inconsciemment. Telle le sera aussi sa maman, si elle l'accompagne. Alors, elle se débarrasse elle aussi des joyaux et de son portable. Elle ronchonne, ne sait rien du test du trombone. Tout se déroule avec sérénité. L'atmosphère semble inchangée même dans la salle tant redoutée. Mais il est là. Loin d'être endormi, il maintient sans scrupule son haut niveau d'énergie. Il est l'utile à la médecine et le dangereux à la santé. Comme tout mystère mal maîtrisé, il risque de dégénérer. Alors chacun y va de son hypothèse. Les réponses erronées se multiplient comme les complots quand il s'agit d'illuminatis. Loin d'être illuminé, lui demeure invisible même sous ultraviolets. Présence théorique. Conséquences dramatiques. En ignorant la force du colosse, on a blessé des gosses. L'homme a été tué par son incroyable création. Dix fois plus puissant que le champ magnétique terrestre. S'il est invisible, les chiffres parlent pour cet être sans voix. Ils disent : méfie toi de moi.
Sarah et sa maman sortent de la salle d'IRM. Aucune d'elles ne se doute que ce ne fut pas le cas de tous les patients avant elles.
(20 minutes) "C'est la fin de quelque chose, de quelque chose d'important" + des consignes sont données au fur et à mesure (se concentrer sur les couleurs / les sonorités / les odeurs)
C'est la fin de quelque chose, de quelque chose d'important. Mes mains tremblent. L'avenir perd de sa netteté - exactement comme les photos prises par ma mère -. Merde, la voila qui ressurgit dans mon esprit. Comme la pie qui choisit pour domicile le printemps. Elle m'a donné la vie en la marquant de son empreinte. Comme je marque ce papier de ma signature. C'est la fin de quelque chose, de quelque chose d'important. Dans le stylo bleu que je tiens je vois son pull en laine. La femme des pompes funèbres porte des lunettes rouges. Cette monture allait beaucoup mieux à ma mère. Puisqu'elle s'est éteinte les montures rouges devraient être interdites. Oups, elle parle. Ah, elle m'explique. Quelques formalités administratives aussi obscures que le ciel ce matin.
"Et le cercueil, plutôt en chêne ou en pin ?"
Hop là... je tiens mon sarcasme en laisse et je me retiens. Cette formulation ressemble à une menace. "Et mon poing, plutôt dans ton ventre ou dans ta face ?" Je grimace. Les prospectus des fleuristes me semblent tristes. C'était pourtant à eux d'apporter des couleurs au milieu de nos pleurs.
Une larme roule, discrète, le long de ma joue. C'est la fin de quelque chose, de quelque chose d'important. Comme on casse les oreilles du village avec des casseroles accrochées à la bagnole, pour les mariages, j'ai très envie d'exprimer, moi aussi, ma rage. Car l'odeur de son gâteau au chocolat a déserté la cuisine. Car plus personne ne nourrit le chat de la voisine. Je soupire et réponds "en chêne, c'est très bien". Naturellement me reviennent alors les souvenirs près du port. Les chênes se dressaient dans l'allée. Nous marchions sans réelle destination. Juste l'idée de prendre un bol d'air iodé. Se rappeler des collections de coquillages et des châteaux de sable. Du doux appel des churros, auquel nous répondions toujours. Leur odeur sucrée appelle aujourd'hui un goût amer dans ma bouche.
C'est la fin de quelque chose, de quelque chose d'important. Bientôt, j'enterre maman.
(3 minutes) Liste des sons que tu aimes.
Le stylo sur une page ; l'eau qui boue puis qui s'écoule dans la tasse ; les doigts qui tapotent sur le récipient ; le vent qui passe dans les arbres ; les talons sur les pavés de la ville ; le son du pigeon le matin après une nuit passée sous la tente ; le son de la cafetière.
Les écrits de Zukki
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Commentaires (2)
(qu'on pourrait aussi nommer "test des ciseaux", en fait il a plein de variantes xD)
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