Film choisi : Si je reste réalisé par R. J. Cutler, adapté du roman éponyme de Gayle Forman.
Intrigue : Après un accident de voiture qui plonge sa famille dans le coma, Mia vit une expérience hors de son corps* et doit choisir entre mourir ou se battre pour revenir à la vie.
Anecdote : Ce film a été mon préféré pendant très longtemps (au-delà de mon amour pour Chloë Grace Moretz, la BO est géniale et je pleure à chaque fois que je le regarde)
*= Cet aspect-là du film est ce dont je me suis inspirée pour le texte qui suit.
Ce texte est une pseudo suite de celui-ci. Il appartient à ma série ZEN.
Je vois l’équipe de secours s’affairer autour de mon corps inanimé. La corde a laissé une sacrée marque autour de mon cou. Ils m’installent sur une civière et m’équipent de matériel médical. Je n’y comprends rien, j’entends seulement des « bips » répétés. Le véhicule qui m’embarque active la sirène. Quelle entrée. Ou sortie, je ne sais pas ?
Des travaux sont en cours autour de l’hôpital : les soignants pestent. Ils ne veulent pas perdre un seul instant. La scène est glaçante. Ils se penchent sur mon corps avec des mines affolées. Les « bips » composent une mélodie sans rythme. J’ai peut-être échoué à la GIPA, mais je sais reconnaître une disharmonie quand j’en entends une. La laideur poursuit la civière qu’ils poussent au travers des couloirs. Nous voila arrivés. Je cours à leurs côtés.
— On a une TS chez un jeune, la vingtaine. Instable. Besoin d’aide tout de suite, on va au box de déchoc numéro deux.
Même au téléphone, les médecins s’expriment en abréviations. Ma nouvelle forme ne me fournit aucune forme de sous-titres malheureusement. Un individu à blouse blanche intervient. Il observe la boîte électronique qui suit mes battements cardiaques — et d’autres mesures que je ne connais pas —. Des médicaments me sont injectés par voie veineuse — celle qu’ils m’ont posée pendant le transport —. J’ai détourné le regard, les aiguilles et moi, ça ne fait pas bon ménage. Que mon corps réel s’apprête à partir, d’accord. Mais que mon fantôme fasse un malaise, la honte ! Fantôme. Non, je ne suis pas encore mort. Je suis peut-être plutôt ma projection astrale, comme dans Dr Strange.
— Bon, c’est critique. Sortez-moi le matériel d’intubation.
L’infirmière — la blonde un peu ronde — ouvre le tiroir d’un chariot et sort l’équivalent d’un engin de torture. J’apprends son nom : un laryngoscope.
— Donnez-moi une autre canule de Guedel, celle-ci est trop petite.
Il sait ce qu’il fait ce Monsieur. Je respecte son métier. J’ai de l’oxygène, des drogues en intraveineuses : c’est sans doute mon meilleur trip et je ne suis même pas dans mon corps pour en ressentir tous ses effets ! Là, je me vois convulser. La ligne qui illustre mon cœur vient de s’aplatir. Le « bip » continu remplit la pièce. Les convulsions ont cessé, en fait, ce n’était pas une crise d’épilepsie — juste mon corps qui réagit à la perte brutale d’oxygène et de tonus musculaire. Je viens de mourir ?
— On l’a encore perdu, annonce l’une des soignantes.
L’intensité de la scène me remue et j’avoue avoir manqué la première fois où mon cœur s’est arrêté. La première fois, ils m’ont ramené.
L’intubation est un succès. Adrénaline dans mon système sanguin. Massage qui n’en finit plus. Je quitte la pièce. Finalement, je trouve ça mesquin. Je me suis pendu tout de même. Vais-je vraiment venir hanter les médecins pendant qu’ils se démènent ?
Dans l’allée principale du service des urgences, une silhouette me salue. Je reconnais ses épaules larges et son visage fermé.
— Fiston, qu’as-tu fait ?
Sans crier gare, mon père me prend dans ses bras. Contre moi, je perçois toute l’ampleur de son émoi. Mes bras se cadenassent autour de lui. Des larmes s’abandonnent sur mes joues. Je sens les siennes aussi : elles viennent s’écraser sur mes épaules nues. Allez savoir pourquoi ma projection astrale ne porte pas de t-shirt.
— Ils sont en train de me réanimer Papa.
Il m’offre un regard nouveau.
— Et toi, ça va ?
Ses mains me lâchent, il se gratte le nez.
— Mourir m’a épargné davantage de souffrance physique. En revanche, d’autres souffrances naissent dans l’au-delà.
J’ai détesté cet homme, pourquoi ses maux me font si mal ? La porte du box où mon corps est installé vient de s’ouvrir. Le docteur en sort, il retire ses gants et les jette, dépité, dans la poubelle. Une infirmière le rejoint. Ils s’installent devant un ordinateur. Nico Cafarelli. DDN : 11/03/2000, à Pescara, Italie.
L’établissement me connaît déjà : il y a quelques mois, j’ai fait une grosse réaction allergique sur une piqûre d’insecte. Zoran m’a emmené, terrifié, dans ce même service. Cette antériorité leur facilite la tâche. Le médecin se saisit du téléphone et il s’éloigne. Je le suis à la trace, l’oreille presque collée au combiné.
— Monsieur Nikolić ?
— C’est moi.
Mon cœur se serre en entendant la voix de Zoran.
— Bonjour Monsieur. Je suis le Docteur Jarren. Je vous contacte au sujet de Monsieur Cafarelli. Vous avez été désigné comme « personne de confiance » dans son dossier médical. Nous ne disposons pas de ses contacts familiaux, s’il en a.
— Qu’est-ce qu’il se passe ? Il va bien ?
Le Docteur Jarren se gratte la tête.
— Monsieur Cafarelli a réalisé une tentative de suicide par pendaison. Nous l’avons intubé, il est pour le moment maintenu en vie artificiellement.
Je ne suis donc pas encore mort.
— Vous pourrez venir le voir une fois qu’il aura été muté en service de réanimation. Passez par l’entrée et présentez-vous au standard. L’accès à la chambre peut prendre du temps, mais vous pourrez évidemment déborder en dehors des horaires de visites habituels. Nous pourrons nous voir dans mon bureau, ou bien mon collègue de garde vous recevra.
Le volume trop faible ne me permet pas de percevoir les derniers mots du Serbe. Trente minutes plus tard, je le vois arriver en larmes dans l’accueil de l’établissement. Maudite projection astrale. Si seulement je pouvais l’étreindre, le rassurer, lui dire que je suis là. J’ai été transféré en réanimation il y a un quart d’heure. La standardiste lui indique le chemin à suivre.
On se retrouve tous les deux, seuls dans un ascenseur.
Writober 2025
- 1 - Summer — (La JENA de Nico et Emilia)
- 2 - Roommates — (Pas facile d'être colocs)
- 3 - Misunderstandings — (La biche, le loup et l'agneau)
- 4 - One night stand — (Liste d'envies)
- 6 - Parenthood — (Le pavé de Rosa)
- 7 - Exes to lovers
- 8 - Time Travel AU — (Nouvelle chance)
- 9 - Love at first sight — (Il était grand)
- 10 - Heavy angst — (Achluophobie)
- 12 - Fake dating — (Juste un service)
- 13 - Demon x angel — (Discours de soûl)
- 14 - Fast paced — (Le silence)
- 15 - Movie Inspired — (Des bips après la boulette)
- 16 - Friends with benefits — (Un service d'ami)
- 17 - Office — (Suzie est normande)
- 18 - Mythology — (Drôle de réécriture)
- 19 - Omegaverse — (L'instinct fraternel)
- 20 - Stuck in an elevator — (Confessions)
- 24 - Memory loss — (Submersible)
Du même auteur...
Commentaires (3)
T'inquiète moi-même je sais pas pourquoi je fais subir ça aux personnages que je préfère, mais finalement ce Time Travel dans un Alternative Universe est plutôt inspirant pour leur univers à ces deux là !
Poster un commentaire
Vous devez être inscrit et connecté pour poster un commentaire.
(not me en train d'écrire 100% drama pour ZEN alors qu'à la base c'était une histoire censée être chill)
15/31