Narrateur : Théodore

Il y a longtemps à l’époque où j’étais encore jeune, avant d’arriver à la cour du roi Léandre, telle était ma vie, enfin, je vais vous expliquer… Ce qui annonçait déjà ce que j’allais devenir.

J’étais le dernier enfant de ma famille, enfin, un troisième fils, la cinquième roue du carrosse en somme. Mon père ne savait guère à quelle carrière me destiner. Mon frère ainé était l’héritier de la couronne, son destin était logique, maudit droit d’aînesse. Mon cadet lui avait été destiné à une carrière militaire, mon père ce grand guerrier, voulait après tout, un autre fils qui soit le plus grand des chevaliers. Pourquoi ne pourrais-je pas être un guerrier moi aussi ? Quant à moi, en ce temps-là on avait songé à faire de moi un prêtre, pour le dieu Logos, celui de la sagesse. Quand avais-je déjà fait preuve de sagesse ? Je me le demandais bien, un gamin impulsif et bagarreur, j’étais.

Cependant, déjà à cette époque nul ne croyait que j’allais réussir quoique ce soit dans cette carrière. Je dois admettre qu’avec le recul, ils n’avaient point tort. En ces temps comme aujourd’hui d’ailleurs, j’étais déjà fasciné par les chevaliers de mon père. Je voulais être l’un des leurs… Je ne le pouvais pas… Mon père, me voulait mort, je lui étais inutile, il me l’avait bien fait comprendre.

Le prêtre qui me servait de professeur que je crois bien se nommait « Père » Léon, s’était efforcé de m’enseigner, l’écriture, la lecture et bien entendue la matière la plus importante de toutes les matières : la théologie… En toute honnêteté, je n’arrivais pas à m’intéresser tant que ça aux enseignements de mon maître. Ce n’était pas pour moi, je n’étais pas un intellectuel. À la seule exception peut-être de la littérature. Celle-ci me permettait de me délecter à loisir des nombreuses légendes retranscrites dans les moindres détails. Ma préférée portait sur des chevaliers qui s’étaient unis autour d’un souverain noble et juste, afin de chercher le cadeau des dieux.

À l’époque j’adorais cette légende. Je l’admets, j’espérais secrètement que j’allais être le grand monarque d’une incroyable épopée. Je n’aurais jamais cru que cela allait arriver d’une façon si surprenante. Quelle naïveté qu’était la mienne !

Mon maître était lassé de ma préférence pour la chevalerie à mon futur dans la religion. Il avait donc décidé de m’emmener dans un monastère afin de m’aider à en embrasser la foi pour Logos. Mon père, Aster, lui qui voulait tant se débarrasser de moi, ne fut pas difficile à convaincre. Une dizaine de chevaliers pour nous escorter là-bas avait été mandé par celui-ci, il voulait sûrement se donner bonne conscience.

Nous devions être à mi-chemin de notre destination, quand une troupe de bandit surgit de nulle part. Elle massacra la troupe de chevaliers qui était chargé de me protéger en un éclair, je n’avais même pas eu le temps de m’en rendre compte. Le prêtre aussi fut tué en essayant de gagner du temps pour me permettre de fuir. Je courais dans la forêt, les gredins avaient abattu mon cheval d’une flèche, j’avais eu de la chance de ne pas avoir fini écraser sous celui-ci quand il a chuté. Je finis par arriver à un lac, je n’avais aucun moyen de le contourner. Alors je me vis dans l’obligation de le traverser à la nage. Je retirai mes bottes en un mouvement et me jeta à l’eau. J’avais appris à nager avec mon grand frère, enfin, disons qu’il m’avait appris à la dure. Les remontrances avaient plus comme les flèches.

Oh tiens, à ce sujet d’ailleurs, je n’eus même pas le loisir de faire plus de dix mètres qu’un des brigands me tira dessus. Je pris un projectile en pleine épaule… Je commençai à me noyer. Pourquoi avait-il fallu qu’elle se plante pile dans l’articulation ? Je crus que cela serait la dernière fois que je ferais quelque chose, que tous mes rêves de grandeurs seraient brisés. Jusqu’à ce qu’un esprit m’enlaça dans ses bras et m’entraina au fond du lac. Ma blessure et le manque d’air fit que je m’évanouis.

Lorsque je fus réveillé et remis, l’esprit qui se nommait Myriam m’expliqua que lorsque j’étais entré en contact avec le lac, son domaine, elle avait senti que j’aurais un rôle à jouer dans une grande prophétie. Elle souhaitait me préparer à cette glorieuse destinée.

Le voilà, le destin dont j’ai tant rêvé ! Enfin, peut-être pourrais-je être mon souverain de légende ?! Peut-être est-ce cette ambition démesurée qui m’a conduit à ma perte ?

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 23 Jul 2025 à 13h04
La suite. J'espère qu'il n'y a pas de grosse faute d'orthographe.

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