Narrateur : Horacétius

J’avais été enfermé dans les cachots en sous-sol, c’étaient un peu les oubliettes, où j’étais condamné à pourrir jusqu’à l’oubli, enfin, le peuple devait réclamer mon exécution. Après tout, Théodore leur avait dit que j’avais assassiné leur souverain. L’immortalité avait du bon, il ne pourrait pas me tuer, la mauvaise nouvelle étant que j’allais sûrement rester enfermé-là un bon moment. Peut-être bien pour toute la vie ? Une très longue vie d’ailleurs. J’avais une chance incroyable ces derniers temps, des châtiments et maintenant la prison. Le temps n’affectait pas l’éternel, mais peut-être que toutes ses infortunes étaient une façon pour lui de se rappeler à moi. Désormais, le second acte s’apprêtait à se jouer. Théodore venait me rendre visite, je l’entendais parler aux gardiens.

Ce qui me frappa quand il rentra dans la pièce, c’était sa pâleur morbide, ses yeux bleus étaient devenus ternes, il y avait quelque chose qui s’était passé et qui n’était pas plaisant. Il s’assit sur une chaise, je pus voir qu’il avait enrichi un peu sa tenue, elle restait pourtant simple, en cela au moins, il avait toujours fait preuve d’une humilité sincère et non-contrefaite. Il y a une chose qui m’attira le regard, c’est qu’il ne portait un gant que sur la main gauche. Que cachait-il ?

Il me demanda, « Horacétius, où est Léandre ?

-Tu as ce que tu veux, non ?! », répondis-je en colère.

« Oui, c’est pour ça que je ne veux pas que l’on me reprenne. (Il avait un sourire carnassier.)

-Tu es devenu un dieu, cela ne te suffit pas ?! (Je me rapprochai de lui, il ne broncha pas.) Il faut toujours que tu aies plus, mais saches qu’il y aura toujours au-dessus, tu es peut-être un dieu, mais la déesse monde est aussi-là, au-dessus de toutes les divinités. Et qui sait, peut-être y a-t-il encore au-dessus d’elle ? (Je riais devant sa bêtise, son hubris, son péché d’orgueil.)

- Peut-être bien, mais j’ai tout ce que mes ambitions désirs, et plus encore. Tu n’as aucune leçon à me donner. (Il s’assit de façon à montrer qu’il était confiant.) Alors, dis-moi, où est-il ?

- Je n’en sais rien, seuls les dieux savent où il peut bien être. (Il eut un sourire amusé.)

- Ah oui ? Je suis un dieu et je ne le sais pas pourtant. (Je le regardai agacé par tout cela.) Ô noble Horacétius, pourquoi fronces-tu les sourcils ? (J’étais de plus en plus surpris par cet étrange comportement.)

-Théodore…Tout va bien ? (Je croisai les bras fâchés.)

- Bien sûr ! Pourquoi ça n’irait pas ? (Il avait les larmes aux yeux, il utilisa sa main pour les effacer.) Je suis le roi, tous doivent m’aimer, n’est-ce pas là une bonne chose ?

- Si tu forces les autres à t’aimer, ce n’est pas de l’amour, c’est de la peur, et ça je sais que tu le comprends. (Il parut contrarié par ce que je lui disais.) Tu dois… Si tu restes roi, alors au moins ne soit pas un tyran. Tu vaux mieux que ça.

- Si noble… (Il prononçait ces mots avec tant de sarcasmes.) Ce n’est qu’une façade, un spectacle que tu donnes à voir au monde… (Si c’était vrai, j’étais définitivement un excellent acteur, pour avoir réussi à m’en persuader moi-même.) Vitae, ma douce et tendre m’a parlé de toi. Tu n’es pas meilleur que moi. Elle aurait dû, non, tu sais quoi, je vais te montrer ce qu’elle aurait dû faire. »

Je pris peur, tout puissant magicien que je fus, enfant d’un esprit et d’un démon, je n’étais pas de taille face à un dieu. Théodore fit ce que Vi faisait toujours quand elle se fâchait contre quelqu’un, me prendre mon énergie vitale. Je tombai par terre, transit par le froid de la mort, j’étais si faible encore. Ma légende veut que je fusse le magicien le plus puissant. C’est faux, si faux, je me sens comme une fraude. Il souriait avec l’air de dire, « Tu vois, hein ? C’est moi le meilleur. » Je songeai, oui, en effet, c’est toi le plus fort. Mon esprit se voulut cruel, il me fit vivre le souvenir de ce que Vi m’avait infligé, le châtiment de Nécronion et quand Théodore m’avait transpercé de part en part dans le temple.

Il me demanda, « Alors, es-tu prêt à parler maintenant ? Où se trouve Léandre ?

- Il est avec Nécronion... » répondis-je à demi-conscient.

« Tu vois quand tu veux. On pourrait être ami, si tu le souhaites, ça aurait été génial. »

Non, merci, je n’en veux pas ton amitié pernicieuse. Le seul ami que tu avais, tu l’as poignardé dans le dos… Il avait arrêté de me prendre mon énergie vitale, il était très proche de moi, j’utilisai ma magie pour faire apparaître une lame. J’essayai de le frapper, mais il retint la dague avec sa main. Théodore quitta la pièce précipitamment. Me laissant seul dans cette prison pour y moisir pour toute l’éternité. N’importe, tant que Nécronion avait réussi à sauver Léandre, ça n’avait aucune importance… Ils trouveraient un moyen de le vaincre, j’en étais sûr.

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 02 Déc 2025 à 08h31
Le début de la dernière partie !

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