Narrateur : Alexandre
Une fois de retours à Tolma, après avoir fait ce que j’avais à faire auprès de Léandre, je fus surpris de recevoir une invitation du Conseil Des Trois. Je l’ouvris et découvris une chose d’autant plus étonnante. Ils me conviaient pour une fois à leur réunion, ils voulaient parler alliance avec moi. Je trouvai tous ces changements bizarres, ils avaient sûrement quelque chose derrière la tête. Je ne déclinai pourtant pas l’offre, cela me donnerait l’occasion d’aider Antonin et de démêler ce qu’ils pensaient.
En moins d’un jour, je fus là-bas, notre émissaire, devait être arrivé un peu plutôt que moi dans la journée. Ce Conseil Des Trois avait le sens du mauvais goût, le château dans lequel, ses membres se réunissaient avait le don de m’arracher les yeux. Il y avait tant et tellement que le regard ne savait pas où se poser. Une colonne par-ci, une colonne par là, une statue ici ou là, c’était tout bonnement surchargé et une agression pour ma vue. Cela étant, il n’y avait pas de quoi être surpris, au moins, l’extérieur annonçait l’intérieur. Je savais que j’étais arrivé un peu tard, mais on me conduisit à la chambre qu’on avait préparée en vue de ma venue, et on me demanda d’y rester et de me préparer pour le souper. Que de luxe inutile, des dorures, des tapisseries, des tableaux, du mobilier d’essence rare et des feuilles d’acanthes partout. J’étais écœuré, j’avais tellement envie de rentrer chez moi, là où tout était en subtilité et non en grotesque.
Cependant, j’en profitai pour me regarder dans un miroir pour la première fois depuis longtemps. Je compris alors la réaction d’Antonin et Léandre, j’avais un air si maladif. On aurait dit que j’aurais pu reposer dans un cercueil tant ma pâleur me rappelait, celle d’un cadavre fraîchement décédé. J’en portais mes mains au visage pour vérifier que j’étais bien vivant tant cette apparition dans la glace m’avait effrayé. Mes vêtements étaient sales, il serait incorrect de me rendre à un dîner en étant tout crotté. Je me déshabillai afin de me changer, j’avais beau avoir un air maladif, j’étais toujours aussi musclé. Pourtant, je le savais, je souffrais de l’intérieur, quelque chose qui me tuait à petit feu et contre lequel je ne pouvais plus rien faire.
Je me parais comme il se devait, mes vêtements étaient toujours sobres. Je n’avais qu’une hâte et c’était que ce dîner commence, je voulais parler à Antonin. Je m’étais assis sur mon lit en attendant. Je ne m’étais jamais senti aussi vieux quand cet instant. Soixante-dix ans et des poussières cela pesait sur les épaules. J’avais envie de me reposer, j’étais trop vieux pour ces bêtises. L’heure était venue, enfin. Il y avait un bel orage ce soir, je n’avais qu’une envie d’être le lendemain. Je me retrouvai autour d’une table ronde, ils ne voulaient pas d’inégalités et de places privilégiés. Cela représentait le fait qu’au Conseil Des Trois, aucun n’était au-dessus d’un autre. Pas de personnes plus éloignées du maître des lieux en bout de table, tous à égales distances tels sont les avantages du cercle.
Il y avait Clément le roi de Milostiv, une majesté cruelle et impitoyable, son prénom était ironique en considérant ces faits. La reine Catherine de Nerne, elle était belle et rusée, une vile vipère, mais au fond elle avait une bonne âme. Le grand élu de Kandre, Mathieu, il était le seul chef d’État élu démocratiquement, il était vieux et il serait sûrement bientôt remplacé par de nouvelles élections.
Il y avait aussi Eléonore, la fille de Clément qui était là, j’avais entendu dire qu’il cherchait à la marier. Antonin lui échangeait des regards tendres, voilà quelque chose d’intéressant.
Clément me demanda, « Que devenez-vous, très cher ?
- Pas grand-chose, je suis étonné que vous me conviez à votre petite fête. (Il eut un sourire ironique.)
- Allons, ce n’est pas que de notre faute. Vous nous avez toujours été hostile. Cependant, nous sommes disposés à vous accorder une autre chance. », répondit-il avec une expression malsaine.
Les autres hochèrent la tête en signe d’accord, sauf Antonin.
Celui-ci répondit, « Je pense que si cela est ce que vous voulez vraiment, montrez-moi moins d’hostilités vous-mêmes. »
Le roi de Milostiv eut un sourire effrayant en disant, « Oh Antonin, ils ont envoyé un homme avec de la personnalité pour négocier. (Il essayait d’avoir l’air gentil. Je savais que c’était faux, c’est sa stratégie préférée pour gagner la confiance d’autrui, mais son vrai visage, ressortez rapidement.) C’est une bonne chose, les discussions seront mouvementées.
- Je l’aime bien, il n’a pas tort. », répondit Mathieu.
Catherine s’exclama, « Il est plutôt charmant, son père Aster à pourtant toujours dit qu’il était une honte pour lui. »
Antonin était mortifié, ensuite il mangea à peine pendant tout le repas. Moi-même, je n’avais pas très faim, je dévisageai chacun des invités. En premier Clément, nous avions tout deux le même âge, il était celui qui m’avait toujours détesté le plus. Il avait des cheveux longs blanchis, des doigts fins comme si la peau reposée directement sur les phalanges. Il avait beau avoir un air de squelette, son esprit était encore vif, de sorte que son physique ne reflétait pas ses capacités intellectuelles. Il me faisait peur. Est-ce qu’il était encore vivant ou était-il un mort-vivant ? La pensée seule de cette question, m’effraya. Catherine était plus jeune de quelques années, mais elle aussi était une vieille lionne, sa beauté n’avait pas fané avec l’âge comme le vin elle avait boni. Elle jouait les durs, mais son âme était tendre. J’avais confiance en elle. On se connaissait depuis tellement longtemps. Mathieu devait avoir cent-ans au moins, il était souvent malade désormais. Cependant, il avait l’air sage de la vieillesse et pas le côté mort-vivant de Clément. Ce vénérable homme était un véritable saint, son peuple sera très triste quand il mourra. Voilà, un sommaire portrait des membres du conseil.
Je portais mon regard sur Eléonore, la fille de Clément. Elle était belle comme un rayon de soleil, je crois qu’elle avait le même âge qu’Antonin peut-être un an ou deux plus âgés. Il avait marié tous ses autres enfants, je n’avais jamais compris pourquoi il ne l’avait pas fait avec son ainée. Il n’y a que récemment qu’il a annoncé vouloir la fiancer. En regardant un peu plus dans les détails, je vis alors qu’elle rendait les regards d’Antonin. Il semblerait qu’il se passait quelque chose entre eux.
Catherine me dit avec inquiétude, « Vous ne mangez pas ?
- Si… Oui, je suis seulement soucieux. », répondis-je touché par cette question formulait avec tant de sincères soucis.
« Il est vrai que la situation est inhabituelle. (Elle eut un sourire.) C’est bien, les réunions annuelles commençaient à s’enliser.
-J’espère ne pas être seulement là pour amuser la galerie. (Clément eut un sourire narquois. Catherine fut amusée, Mathieu n’y prêta pas attention.) La paix entre nous ça serait du jamais vu. J’ai presque du mal à y croire.
- Allons, nous sommes comme de vieux amis. Nous nous connaissons tous très bien. »
Clément demanda, « Avez-vous encore un fils à marier ? C’est pour ma garce de fille.
- Non, ils sont tous mariés. », dis-je avec mesure.
« Dommage… (Il se tourna vers Antonin.) Je suis sûr que mon invité pourra lui faire cet honneur. (Il ne lui répondit pas.) Oh allez, votre père sera ravi et elle est douée pour certaine chose. »
J’étais outré par ce comportement, je remarquai alors que le jeune homme avait changé de place pour se rapprocher d’Eléonore. Je me retrouvai maintenant à côtés de Catherine. Clément dévisageait toute l’assemblée avant de se lever et partir. Je fis de même, je préférai laisser les autres discuter des derniers évènements.
Une fois de retour dans ma chambre, je vis un corbeau toqué à ma fenêtre, j’en fus étonné et je l’ouvris. La pluie battante m’arrosa, je refermai dès que l’animal entra.
Il étira ses ailes et dit, « Merci, mortel pour ton accueil. »
Je fus surpris, je n’avais jamais entendu parler de corbeau parlant.
Il continua, « Coi-Coi ? Tu n’as jamais vu un corbeau qui parle ? C’est quoi ton petit nom l’humain ?
- Alexandre… (Je ne savais pas quoi dire.)
- Un grand nom ! Merlin, voilà le mien ! (Il me tendit son aile comme une main, mais je n’osai pas la saisir de peur de la briser.) Coi-coi, ce n’est pas ainsi que se saluent les humains avec les mains ?
- Si, mais vos ailes sont si finies… (Il retira celle-ci et parut offensé.) Qu’êtes-vous ?
- Un corbeau ! Humain stupide ! Enfin, je suis un corbeau qu’une sorcière a transformé en familier. Heureusement, pour moi, elle est morte, il y a belle lurette. Coi-Coi, la garce m’a rendu immortel, coi-coi c’est le seul défaut. (Il s’ébrouait en tous sens en disant ça. D’ailleurs, immortel ? Mais pourquoi faire ? Les magiciens ne pouvaient pas vivre éternellement… Bizarre.)
- Que viens-tu faire là ? », demandais-je en le dévisageant.
- La pluie m’a surpris. Je voulais m’abriter en un lieu. Je cherche un maître pour me loger, je peux vous servir en échange de l’abri. (Merlin se donnait des airs grandiloquents et je ne savais pas comment un corbeau pouvait faire ça.)
- Pourquoi pas ? Que sais-tu faire ?
- Je suis un corbeau érudit, je connais toutes les annales et les chroniques, les précis philosophiques d’Aristote à Saint-Augustin, les histoires d’Hérodote à Tite-Live, les épopées d’Homère à Virgile, les chansons de troubadours, les fabliaux et toutes sortes de manuels de magies. Coi-coi, je peux vous conseiller ! »
J’étais tellement absorbé par sa liste que je ne savais pas quoi répondre. Si cet oiseau ne mentait pas, il avait un grand amas de connaissance, il pourrait mettre utile. Je répondis positivement à sa demande. L’oiseau sembla ravi, il était tout mouillé, je le séchai, il était agité et sautillait gaiment.
Je décidai d’utiliser ses connaissances pour mieux comprendre les relations entre Clément et sa fille. La bête sembla réfléchir, la réponse n’était sûrement pas simple, leurs relations semblaient complexes.
Merlin finit par répondre, « Hum… Sa fille ainée est une arme politique. Il a promis de la marier plusieurs fois en échange de faveurs, mais une fois celle-ci obtenue, pas de mariage. (Il ricanait en coassant.) Coi-Coi, ton ami est pris dans une toile qui le dépasse, fais-lui comprendre qu’il devrait rester loin d’elle.
- Oui… Si seulement j’avais réussi à percer ce projet à jour, je lui aurais dit avant. », concluais-je.
J’entendis… Non, n’en parlons pas, nous en parlions déjà précédemment. La discrétion ce n’était pas leur fort.
Le corbeau émit un croassement similaire à un rire et dit moqueur, « Elle cris le nom de ton ami… (Croassement incontrôlable.) Il semblerait que le roi est déjà gagné. (Toujours plus de croassement.) Tu devrais l’arrêter, il est dans la pièce d’à côté, si tu veux mon avis. »
Il avait raison, je sortis dans le couloir, en collant mon oreille à la porte adjacente, je sus avec certitude que c’était la bonne chambre. Je toquai à l’entrée, il y eut un silence avant qu’Antonin n’ouvre la porte à moitié déshabillée. Il avait l’air furieux.
Je m’exclamai, « Je te dérange ?! Pouvons-nous parler ?
- Non, je me reposai. », dit-il en ayant l’air de vouloir me claquer la porte au nez.
« Oh oui, bien sûr, pourtant j’ai cru entendre une femme crier ton nom avec délice. (Il était rouge et mort de honte.) Hum, c’est bien ce que je pensai… Un conseil, cesse de la fréquenter ou épouse-là. Tu n’as pas beaucoup de choix.
- Mais… Mais… »
La femme demanda, « Qui est-ce ?
- Rien. », articula-t-il.
Il s’était retourné ce qui me permit de voir l’intérieur de la pièce, j’y trouvai ce que j’espérais y trouver. Je vieillissais, on ne m’apprendrait plus la vie.
Je fis signe de la main à la femme, et dit, « Coucou Eléonore, vous avez une belle voix vous savez. »
Je crus qu’Antonin allât me repousser dans le couloir, tant son expression affichait une physionomie inquiétante. Eléonore était plutôt surprise, elle essayait d’enfiler quelque chose rapidement.
Elle me répondit, « Vous savez, vous avez de l’humour pour un vieux décrépi.
- Le corps fane, l’esprit reste. Ça devrait être un proverbe. (Antonin eut un sourire tendre pour moi. J’en profitai pour rentrer dans la chambre ; Eléonore s’était rhabillée entre-temps.) Alors, vous nous faites un bébé dans le dos ?
- Non, père serait très fâché. », lança-Eléonore.
« Bah, ça lui donnera des excuses pour vous marier d’autant plus vite. Antonin est un petit chanceux, vous êtes si belle. (Il était rouge, je songeai qu’il était plutôt timide. Enfin, non, c’est logique, en fait.)
- Ah Ah, le vieil homme est moins avare en compliment que le plus jeune.
- Il fallait me dire que tu en voulais, en plus. », répondit « le plus jeune ».
« Tu es un niais en termes de femme !
- C’est vrai ! On n’a pas besoin d’être doué quand on a des privilèges. Les servantes du château de mon père voulaient aussi quelques privilèges.
- Vil ! Que sous-entends-tu ?
- Oh pitié ! Tu es plus riche que moi et tu es héritière de la couronne, je ne suis que le second. Je gagne plus à te faire des courbettes que toi à m’en faire.
- Oui, alors fait ! Aime-moi, supplie-moi, complimente-moi ! (Elle avait un regard enflammé.)
- Oui, ma reine tu es si belle, ta voix est si douce, tes lèvres couleurs fraise sont d’une harmonie céleste. Pour toi, je me ferais poète.
Un blason, j’écrirais
Pour une femme de toute beauté.
Ses lèvres rouges
ébranlent même le sage. »
- Ce que tu peux être mièvre… », dit-elle avec tendresse.
Elle avait un grand sourire, il me semblait aller si bien ensemble que je m’éclipsasse. J’avais à peine regagné ma chambre, que j’entendis à nouveau Eléonore crier le nom d’Antonin.
Le corbeau frappa la table de son bec et s’exclama, « Je vois que c’est un franc-succès ! »
Je répondis, « Je pensais qu’ils étaient mignons ensemble. J’ai décidé de les laisser faire.
- Coi-Coi, libre à toi ! J’espère que rien de mal ne va se produire pour eux.
- Je pense que la menace vient plutôt de Clément que d’Eléonore. (J’étais soucieux, on le nommait le Cruel après tout.)
- C’est juste. »
Quelqu’un toqua à la porte, j’ouvris et je vis Clément. Il avait l’air abattu, quelque chose me frappa subitement, il avait l’air de ne plus en avoir pour longtemps.
Il s’exclama, « Je dérange peut-être.
- Non… » répondis-je soucieux.
Il rentra dans la pièce, et il s’assit au bureau, Merlin s’envola et se posa sur mon épaule, il me sembla effrayé.
- Il s’amuse bien à côté. (Il avait un sourire d’adolescent qui avait connu des mauvais coups.)
- Oui, il faut laisser jeunesse se faire, nous avons fait notre temps.
- Surtout moi… Il ne me reste plus que la peau sur les os. (Il avait les larmes aux yeux, mais il faisait comme si de rien n’était.)
- Comme si je m’en tirais mieux. (Enfin, peut-être, réflexion faite.) Pourquoi venez-vous ici Clément ? (Je le toisais en attendant une réponse.)
- Devrais-je laisser Eléonore épouser qui elle veut ?
- Si vous parlez d’Antonin, elle pourrait tout à fait l’épouser à votre mort. (Il rit jaune.)
- C’est bien, ça serait une bonne alliance, conforme à mes vœux. (Il était désormais complètement avachi sur la table.)
- Je constate que la vieillesse ne vous a pas adoucis. », conclus-je sarcastique.
Clément ne me répondit pas et cela m’inquiétait. En m’approchant, je remarquai qu’il s’était seulement endormi. Voilà quelque chose qui me rassurait ! La journée avait dû être difficile pour lui. La mienne aussi d’ailleurs ! Cavaler, cavaler sur le dos de mon étalon Myriade pour me rendre ici, ce ne sont plus des choses de mon âge. Tiens, je me mets à râler comme un vieil aigri. Merlin se pose sur le bureau et regarda plus en détails Clément.
Il s’exclama ensuite, « Il ne lui reste tout au plus qu’une semaine à vivre !
- Ne dis pas ça ! C’est si malpoli ! », répondis-je agacé par cette remarque.
« Coi-coi ! Je ne dis pas ça parce qu’il est vieux ! C’est la vérité, je tenais à te prévenir, car sa mort n’est pas à cause de sa vieillesse.
- Que veux-tu dire ? (L’oiseau s’ébroua avant de me regarder.)
- Poison ! Quelqu’un cherche à abréger son existence.
- Comment le sais-tu ? (Ces affaires de poisons m’inquiétaient un peu.)
- Coi-Coi, mais t’es bouché ou quoi ?! Je t’ai dit que j’étais le familier d’une sorcière, j’ai appris de ses manuels. »
Il tapait la table avec son bec, je ne compris pas bien pourquoi il faisait ça, sûrement un truc de corbeau. Il marmonna quelque chose peut-être un sort. Merlin me regarda soucieux, s’ébroua d’autant plus et réaligna ses plumes ensuite.
Il s’exclama, « J’ai fait erreur ! (Je le contemplai étonné.) Il mourra demain.
- Quoi ?! (Il ne pouvait pas m’annoncer des trucs pareils sans prévenir.) Ne pouvons-nous pas faire quelque chose ?
- Oui ! Il me serait plus facile de l’aider si j’étais humain. (Avec son bec, il nettoya ses plumes. Peux-tu avoir l’air plus concerné, s’il te plait ?) Peut-être un sort de métamorphose. »
Je n’eus pas le temps d’exprimer mon avis que Merlin lança un sort pour se transformer en humain. Ses cheveux étaient de la même couleur que les plumes du corbeau, ils reflétaient même la lumière pareillement. Il avait le nez un peu disgracieux, long et comme un bec. Il avait des yeux qui étaient aussi noirs que sous sa forme animale.
Il prit le miroir qui se trouvait sur le bureau, se regarda un peu et dit, « Il y a encore quelques points à améliorer, le nez est un peu moyen, et la couleur des yeux est un peu bof.
- Si tu veux mon avis en l’état, nul ne penserait que tu étais un animal avant. (J’étais impressionné par ses pouvoirs.)
- Certes… Bon, il est temps de l’aider. », dit-il dynamique.
Merlin s’assit sur le bureau et commença à dessiner des cercles magiques dans les airs. Il eut une expression indescriptible avant de m’intimer l’ordre de quitter la pièce. Il avait sûrement besoin de se concentrer. Je sortis, puis marchant un peu dans le couloir, je voulus aller dans la grande salle de bals, là-bas, j’aurais la paix pour réfléchir.
Je fus surpris d’y découvrir ici Mathieu, ce gouverneur élu regardait le ciel orageux par la fenêtre. Il fut tout autant étonné de me voir. Après tout, personne n’avait de raison d’être présent ici.
Il me lança, « J’ai réfléchi, une alliance avec Léandre me paraît bonne ! Demain, Antonin prêchera un convaincu. (Il regarda à nouveau la tempête un bref instant. C’est vrai que c’était un temps de cauchemar.) Catherine ne sera pas non plus difficile à convaincre. Le seul problème est Clément, il cherche à nous diviser pour mieux régner comme toujours.
- Certaines personnes ne changeront jamais… », répondis-je sinistre.
« Malheureusement, je m’inquiète pour ma succession, je veux dire, j’espère que celui qu’ils éliront sera compétent.
- Cela te fait combien maintenant ?
- Moi ? (Il fut surpris par ma demande.) J’ai au moins dépassé les cent ans, peu peuvent en dire autant.
- Beaucoup parmi ton peuple n’ont connu que toi en tant que souverain. (Nécronion, la mort même devait le craindre pour sûr. C’était son pire ennemi, sans aucun doute.)
- Je ne suis pas un souverain, mais mise à part ça, c’est très juste. (Il avait un air si noble en disant ça.)
- Je suis persuadé que tout ira bien. (Je le pensai sincèrement.) D’ailleurs, Clément n’a pas l’air au mieux de sa forme.
- Toi, non plus. (C’était vrai. J’étais malade, et c’était incurable.)
- Certes, je le reconnais, mais il ressemble à un squelette qui marche. C’est bien plus inquiétant, moi, je suis âgé, c’est normal que j’ai des problèmes de santé. »
Une voix lança, « C’est mal poli de parler mal de quelqu’un dans son dos. »
En me retournant, je remarquai alors que c’était Catherine.
Elle continua ses propos, « Alexandre, vous-mêmes êtes du même âge que Clément. (Touché !) Bien que vous soyez vous-mêmes bien conservé.
-Certes…Bien conservé… (En apparence, seulement.)
- Vous savez à une époque, mon père voulait essayer de me marier à vous. Si j’avais su que vous deviendrez aussi beau, j’aurais plus insisté. (La vieillesse amène certains regrets étonnant.)
-Que sous-entends-tu ? Que j’étais laid quand j’étais jeune. (Je rigolai de bon cœur.) Ah Ah, je n’ai pourtant pas changé, seuls les cheveux ont blanchis.
- Oh allons, tu as maturé, comme le vin est meilleur en vieillissant. (Je gloussai en entendant ça.) Je vois que ça t’amuse, coquin ! Ne veux-tu pas me montrer ce qu’il te reste de virilité plutôt ? »
Vous savez que je suis toujours là ? », finit par dire Mathieu qui s’était tu depuis l’arrivée de Catherine.
Je répondis, « Oui, en plus je suis déjà marié. Enfin, même si elle n’est plus de ce monde, je veux lui rester fidèle pour le moment. (Fais-toi à l’idée mon pauvre vieux, tu es veuf depuis plusieurs années !)
- Oh c’est trop mignon ! Si un jour tu te sens de passer le cap, viens toquer à ma porte. »
Elle partit me laissant abasourdie. C’est vrai qu’elle était belle, mais elle ne m’intéressait pas, enfin, pour ce genre de choses tout du moins.
« Alexandre, va te reposer. (Je me tournai vers lui, interloqué.) Demain, commence la réunion et tu n’auras pas beaucoup d’autres occasions de discuter de la paix entre vous deux. (Il posa ses mains sur mes épaules de façon paternelle.) Clément a peut-être le corps déjà dans la tombe, mais pas l’esprit, méfie-toi. Il pourrait te dévorer, si tu montres un signe de faiblesse. »
Je le remerciai et retournai dans ma chambre. J’espérai que Merlin avait fini son travail. Quand j’ouvris la porte, je le trouvai endormi sur la chaise du bureau, toujours sous forme humaine. Clément était parti, j’aimerais bien savoir ce qui s’était passé après mon départ. Je remarquai, alors que le lit possédait deux couvertures, j’en jetais une sur Merlin et j’allai me coucher.
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
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