Narrateur : Ali
Théodore avait quitté le terrain d’entraînement, après tout il avait déclaré avoir des choses importantes à faire, mais moi je pensais surtout qu’il avait eu peur de moi. Enfin, je le comprenais réflexion faite, j’avais failli le décapiter dans un geste impulsif et incontrôlé. J’étais trop agité pour m’arrêter là. Je détruisis quelques mannequins d’entrainement en un coup de cimeterre. Je continuais ainsi un temps, jusqu’à ce qu’Altous m’interrompit.
Je le regardais avec mépris, certains disaient qu’il avait un visage noble ainsi que l’air. Je peux vous affirmer qu’il n’avait que l’air et non la mélodie. Il était fourbe, un vieux singe auquel on n’apprenait plus la grimace, l’ennemi de la vertu altruiste. Avec son regard, j’avais l’impression qu’il contemplait mon âme.
Il s’exclama, « Vous semblez en colère, prince Ali ! …
- Vous pensez ! », je n’aurais peut-être pas dû répondre de la sorte.
« Vous ne voulez pas cette guerre, je peux comprendre, mais je crains qu’elle ne soit presque une obligation. (Altous était lui-même embêté par la situation, avec son ton ennuyé. Son plan se serait-il retourné contre lui ?)
- Non… Je refuse cela… Justice, injuste que cette futile guerre. Je ne peux pas l’accepter. (J’étais résigné dans ma lutte, je savais presque c’était inutile d’affronter l’inévitable, mais j’avais trop de principe pour renoncer.)
- Alors, cessez d’agir comme vous le faites, vous ne faites que la précipiter. (Il eut un sourire mesquin.) Peut-être que cela nous donnera l’occasion de remplacer votre actuelle épouse ? (Pardon ?!) Une descendance serait la bienvenue, à moins que le problème ne vienne pas d’elle. (Il avait une expression de moquerie, écœurante.)
- Le mariage remonte à deux ans, laissez donc le temps à la nature de faire. Et puis… Si je suis le problème, changer d’épouse n’y fera rien. (Ma réponse était piquante, tant il m’agaçait.)
- Attends ! (Il m’attrapa par le bras.) Ne sois pas si entêté. (Je le regardais de travers, il venait de me tutoyer là ?) Excusez-moi, pour mon vocabulaire et mon expression… Mais, votre altesse, je vous en prie, réfléchissez… »
Altous partit avec un air de requiem. Je songeais alors qu’il me fallait trouver une solution à mon problème. Pourtant peut-être bien qu’il avait raison et qu’il fallait que je changeasse de stratégie ? Déjà, le casus belli semblait être un prétexte, cependant nuls ne semblaient vouloir admettre qui était le premier à avoir déclenché les hostilités. Ils s’accusaient les uns les autres, mais c’était l’un des deux qui avaient commencé, non ? Il me fallait trouver qui c’était pour savoir lequel des deux royaumes avaient intérêts à déclencher cette guerre.
Peut-être que Delila, elle qui était là au moment où les évènements se sont produits le savait ? Je décidai de l’interroger afin d’en savoir plus. Elle était soucieuse de quelque chose quand je la trouvai dans notre chambre. Elle m’expliqua qu’Altous était passé plus tôt et qu’il s’interrogeait sur l’absence de descendance. Alors, là, j’avais à lui parler ! Qu’il laisse ma femme tranquille, ce vil serpent !
Je la rassurai, « Ne t’inquiète pas, elle viendra bientôt. Altous peut bien parler, mais je ne l’ai jamais vu marié et il n’a pas d’enfants. (C’était vrai en plus.) Il n’y connaît rien. Rassure-toi, les dieux finiront par nous les accorder.
-…Tu as raison… (Elle n’avait pas l’air convaincu.) Souhaitais-tu me dire quelque chose ?
- Ton frère, Ecthi, il n’est pas le premier à avoir attaqué, j’espère ? (Delila détourna le regard.)
- Malheureusement, j’eus beau essayer de le dissuader, il ne m’a pas écouté. Seulement, ton père s’apprêtait à attaquer lui aussi, et je le tiens de sa bouche. (Voilà que ça se complexifiait.)
- La situation est ambivalente, les deux ont des intérêts conquérants en jeu. (Elle me regardait comme si j’étais fou.) La guerre… Altous avait raison, elle aura lieu, mais j’essayerais de l'empêcher. »
Elle continua du regard à s’interroger sur ma santé mentale. J’allais bien, je pouvais le jurer… Enfin, j’espère. Delila n’essaya même pas de me dissuader, elle savait que c’était inutile. Je voulais parler à Ecthi pour le persuader de renoncer à la guerre. Il n’y gagnerait rien que la mort et le sang, puis sa sœur était mon épouse, il se doit de respecter cette alliance matrimoniale. Ensuite, il me faudrait parler à mon roi.
Je ne le rencontrais pas, mais je tombai à la place sur mon père. Lui-même semblait soucieux, je ne savais si c’était la guerre qui provoquait tant d’agitation dans les esprits, mais beaucoup semblaient préoccupé. Il me fit un sourire triste, il était content de me voir au moins. Je suppose que c’était déjà ça de gagné.
Il me demanda, « Tu as une minute ? (J’acquiesçai, il continua avec un air abattu.) Je pense que la guerre est une erreur. Il ne faut pas qu’elle se produise, Delila et toi seront des souverains parfaits. »
J’étais trop heureux d’entendre ça, alors je n’arrivais pas à articuler quoique ce soit.
Il achevait ses propos par, « C’est tout ce que j’avais à te dire. »
Mon père partit en ayant toujours l’air aussi préoccupé. Je ne comprenais pas ce qui se passait, et que je n’avais pas vu. Peut-être avait-il réfléchi ? Je continuai de chercher Ecthi, il me fallait lui parler à tout prix, mais à la place, j’entendis une conversation entre Altous et Théodore. Je me plaçais de façon à les voir sans que cela soit réciproque ainsi que pour pouvoir les entendre.
Altous déclara, « Théodore, vous voyez bien que la guerre est presque actée, envoyait donc une lettre à votre suzerain. Il doit soutenir ses alliés ! (Il avait l’air furieux.)
- Je sais, mais rien n’est encore officiel !!! (Le ton monté, Théodore lui aussi était énervé.) Altous, vous devez m’amener plus de preuves ! (Pardons ?!)
- Ne soyez pas têtu ! (Il baissa d’un ton quand il comprit que se mettre en colère ne servait à rien.) Considérez que notre victoire et l’assimilation de leurs terres et une avancée de plus dans votre quête. Après tout, vous n’aurez ainsi pas besoin de les convaincre de se joindre à vous, ainsi. »
C’était un argument terrible, mais efficace. Théodore semblait chercher ses mots, une chose à y opposer, mais il y renonça rapidement et accepta d’envoyer un message à Léandre. Il quitta la pièce en ayant l’air fâché. Ce fut mon moment pour faire mon entrée, Altous fit un pas en arrière tant il sembla surpris de me voir.
Je lui dis sur un ton accusateur, « Alors, Altous, on complote dans le dos de mon père. »
Il resta interdit, j’avais un sourire mauvais sur le visage. Il regarda le sol, il était confus.
Je continuai sur ma lancée, « Tu es un traitre ! Tu prends des décisions dans le dos de ton roi sur une guerre qui n’est même pas encore actée… Tu me dégoutes.
- Tiens, le prince joue les grandiloquents et les modèles de vertu. Je te dégoute, hein ? (Son expression était entre la mesquinerie et l’affliction.) Ne te croie pas, non plus au-dessus des autres par ton titre. Toi-même, tu as tes vices. Ne t’inquiète pas pour ta femme, je plaisantais tout à l’heure, même avec la guerre qui se prépare, elle sera toujours tienne. », disait-il avec un grand mépris à mon égard.
« Tu crois donc que je veux empêcher ce conflit seulement à cause de mon épouse ? (J’étais amusé par ça, et Altous ne semblait pas comprendre ce qui me faisait sourire.) Tu ne me connais pas aussi bien que tu ne le crois… Je suis au fond de moi un pacifiste, je refuse que cette guerre inutile est lieu. Je ne veux pas à avoir du sang d’innocent sur les mains pour une question d’ambition. Je sers les dieux, je sers leur volonté en servant Léandre !
- Je peux respecter ça, non, je le respecte même. (Il marqua une courte pause, j’étais interloqué par cette réaction.) Seulement, ce n’est ni toi, ni moi qui prendront la décision de déclencher cette guerre ou non. Permets-moi de prendre mes précautions pour nous assurer une victoire totale et définitive sur eux. »
Je le laissai partir, je n’avais plus rien à lui dire. Il marquait un point, je n’étais pas décisionnaire dans le domaine de la guerre. Je m’inquiétais un peu, car même si mon père était moins enthousiaste pour faire cette guerre, Ecthi lui l’était peut-être encore.
Je le cherchais tout en songeant à quel genre de punition, je pourrais infliger à Altous, ce traître. Je fus pris de cours lorsque que quelqu’un m’attaqua sur le bord des remparts, il essaya de me faire passer par-dessus bord, mais en me débattant, ce fut lui qui se retrouva en bas de la muraille.
Je regardai vers le sol pour voir s’il avait survécu, mais je ne vis qu’une tache de sang noir et un corps aux angles étranges. Il serait difficile de le faire parler maintenant. Quelqu’un semblait m’en vouloir et au vu de la situation actuelle, je dirais que cela est en lien avec la guerre à venir. Était-ce Altous qui l’avait engagé ? Y a-t-il d’autres personnes impliquaient ? Qui m’en voulait encore ? Ecthi ? Non, non, ça ne se pouvait pas ?
Je décidais suite à cet incident d’être davantage sur mes gardes. Son frère refusait de me parler, de ce que Delila m’en a dit, il me détestait, car il pensait que j’étais un faible pour privilégier l’option pacifique. Tout ce que je savais était que depuis quelques jours lui et mon père s’enfermaient dans la grand-salle pour discuter. Était-ce pour la paix ? La situation s’arrangeait-elle ? Je l’espérais…
Théodore lui aussi m’esquivait et je ne comprenais pas bien pourquoi. Je finis par réussir à le prendre au détour d’un couloir. J’avais à lui parler de choses et d’autres, et surtout de choses d’importances. Son alliance avec Altous m’ennuyait.
Je n’eus pas le temps de dire quoique ce soit que Théodore me lança, « Je ne veux pas te parler…
- Pourquoi ? », répondis-je interloqué par cette franche honnêteté.
« J’ai mieux à faire, ma présence est inutile comme toujours. Je suis toujours de trop… (Je ne comprenais pas bien où il voulait en venir.) Je ne peux même pas t’aider à arrêter ce conflit ou même convaincre Léandre de vous soutenir. (La chose était dite.)
- Écoute… Non, laissons tomber le jeu de dupes. (Il était aussi perdu que moi tout à l’heure.) J’ai entendu une conversation entre toi et Altous, dans laquelle, il te demandait d’envoyer un message à Léandre.
- Tu sais que ta description est vague, il y en a eu beaucoup des comme ça. (Il avait un sourire malheureux et je compris mieux pourquoi il ne voulait pas me voir.) Pour chaque réponse négative, afin qu’il m’indique les propos que je devais retranscrire pour le convaincre…
- Si tu te blâmes de ça, sache que tu n’es pas le plus fautif. Je ne t’en veux pas, Altous peut se montrer convainquant. Tu n’es pas inutile, loin de là.
- C’est ce qu’ils disent tous. (Il faisait la moue.) Bah, tant pis… Je… Merci, de m’accorder ton pardon… »
Il partit en ayant l’air songeur, Altous allait provoquer une catastrophe s’il continuait. Je n’eus pas le temps de me consacrer à autre chose qu’un serviteur qui passait à côté de moi me poignarda. Par chance, les gardes m’entendirent tomber et ils se précipitèrent dans le couloir, ils réussirent à interpeller l’assassin. Je me vidais de mon sang par terre, j’avais été touché en dessous des côtes au niveau du flanc. Je n’avais pas compris, je ne réalisais pas encore, ce qui venait de se passer. C’était une catastrophe, un autre casus belli, pire encore que le précédent, si c’était Ecthi qui avait fait ça ou tout du moins, si quelqu’un lui faisait porter le chapeau.
Les gardiens me transportèrent auprès du magicien-apothicaire. La blessure était plus grave que je ne le pensais, et le soignant s’inquiétait.
Je lui demandai, « C’est si grave, mon bon Yanis que vous vous inquiétez ainsi ? »
Il réfléchissait à ce qu’il devait dire, il ne voulait sûrement pas me causer du souci, plus que je n’en avais déjà.
Il articula, « Pour une raison qui m’échappe ma magie n’arrivait pas à refermer la plaie. J’ai dû la refermer avec des moyens traditionnels. (Il reprit son souffle avant de continuer.) Si vous permettez cette insolence, j’aimerais vous garder en observation, c’est peut-être bien plus grave que ce qu’il en paraissait.
- Faisons cela, il faut savoir faire preuve de sagesse. (J’avais confiance en son jugement, il s’y connaissait bien plus que moi, je le crois bien.)
- J’espère que votre vie n’est plus menacée… (J’espérais de même.) Un assassin échoue, mais le commanditaire reste toujours… Ce n’est pas le moment pour ça. (Il était aussi préoccupé que moi, je le voyais bien à son visage de requiem.)
- À cause de la guerre à venir… », dis-je pour finir sa phrase.
Son lourd silence me fit comprendre que j’avais touché juste. J’étais d’autant plus persuadé que tout cela était le fait d’Altous. À qui profite le crime ? Il était la réponse qui venait en premier, j’étais après tout la personne la plus hostile à son objectif. Il fut d’ailleurs un des premiers à me souhaiter un bon rétablissement. Quelle hypocrisie ! Mon père et ma femme étaient morts d’inquiétudes à cause de cette tentative de meurtre surtout quand je leur révélais que ce n’était pas la première.
J’avais donc une garde renforcée devant ma chambre en plus de la présence du magicien-apothicaire. À chaque fois que je sortais de ma chambre, je devais être accompagné d’une escorte de quatre hommes. Cela devenait rapidement pesant pour moi, j’avais comme l’impression d’être piégé alors je restai dans mes appartements1 au moins là-bas, on me laissait à peu près tranquille.
Je n’avais toujours pas revu Théodore depuis l’incident pas même un mot de bon rétablissement. Ecthi lui-même me l’avait souhaité presque dans sa barbe avant de partir comme un malpoli. Delila m’informait régulièrement de ce qui se passait et j’appris par elle que l’assassin avait enfin avoué que le commanditaire c’était son frère. Était-il idiot ? Voulait-il déclencher la guerre ? J’étais confus et elle avait presque l’air désolé pour le choix de son fraternel. Je ne lui en voulais pas ce n’était pas sa faute après tout. Je fis mine de ravaler ma rancœur afin que nous passions un bon moment, le dernier pour longtemps, car l’ère du malheur se préparait. Ecthi c’était enfui, lorsque les interrogatoires avaient commencé, on n’avait donc pas pu le questionner ce qui renforçait notre conviction qu’il était coupable. La guerre était donc actée.
Je ne pouvais pas rejoindre le champ de bataille, j’étais trop affaiblie par ma blessure et cela n’allait pas en s’arrangeant. Je voulais malgré tout combattre pour qu’on ne m’accusât pas d’être lâche, mais mon père me refusa ce privilège. Je ne pus pas défier son ordre, car bientôt même quitté le lit m’était devenu impossible sans un suprême effort. Yanis, notre pauvre magicien-apothicaire était désespéré par la situation, il ne comprenait pas ce qui pouvait bien provoquer ça. J’aurais une mort terrible, même pas acquise en combattant.
J’appris quelques mauvaises nouvelles pour les quelques escarmouches qu’ils y avaient eu pour le moment, elles avaient toutes été un massacre pour les deux camps. Je le savais cette guerre n’allait mener que mort et destruction dans son sillage et elle n’aurait aucun véritable vainqueur. Pitié, je vous donne ma vie, vous, divinité si vous pouvez empêcher cette guerre d’avoir lieu.
Théodore vint enfin me voir, il avait l’air coupable de quelque chose. Il commença par des platitudes et je répondis selon la même attitude. Il finit par se poser sur une chaise, il avait l’air abattu, cela se voyait dans son regard qui s’était assombri. Il avait la tête du coupable, ou tout du moins de quelqu’un qui se sent comme tel.
Il finit par me dire avec labeur, « J’ai quelque chose à t’avouer… (Devant mon silence, il continua.) Althous cherchait un moyen de déclencher cette guerre et j’ai…
- Tu as ? », je l’invitais à continuer son histoire.
« Je lui ai suggéré de t’éliminer et de faire porter le chapeau à Ecthi… Je suis désolé… (J’étais trop en colère pour avoir une quelconque réaction.) Je ne pensais pas que cela allait avoir des conséquences aussi graves, je les ai vus de mes yeux…
- Tu pensais à quoi exactement ?! La guerre ce n’est pas un jeu ! Ne me fais pas croire que tu ne le savais pas ! (J’étais fou. Non, mais à quoi pensait-il ? Il croyait que c’était quoi exactement, un amusement ?)
- Je… Seulement par les histoires, je connaissais la guerre. Dès l’âge de huit ans, j’ai vécu reculé avec l’esprit Myriam… Mon père voulait se débarrasser de moi en me faisant prêtre de Logos. (Je le laissai continuer à s’enfoncer, car cela m’amusait. Logos ? Le dieu de la sagesse, ne t’allait pas décidément.) Je suis un mouton noir ! Je pensais faire la bonne chose pour une fois, mais peut-être bien que mon père avait raison, je suis inutile… »
Je ne trouvais plus cela drôle, mais pathétique. Je remarquai alors que des larmes se dessinaient sur ses yeux. Il semblait avoir un sérieux problème d’estime de soi et Altous avait dû en profiter. Il se mit à genoux et il me suppliait de le pardonner. Je ne savais pas quoi penser, cela avait au moins le mérite d’expliquer pourquoi il n’avait pas voulu me parler avant. Il s’était senti tellement coupable, qu’il n’avait pas pu s’y résoudre. Il avait dû se produire quelque chose de si terrible, pour qu’il trouve le courage de le faire. Avait-il participé à une de ses escarmouches ? Avait-il vu un de ses massacres de bataille ?
Il n’arriva bientôt plus à soutenir mon regard, il avait l’air d’être dans un état un peu second. Je fis un suprême effort pour me relever de mon lit, je m’approchai de lui et posa ma main sur son épaule afin de le rassurer. Théodore se releva et je pus remarquer qu’il avait l’air d’avoir beaucoup pleuré, bien avant de venir ici. Il était aussi blessé au visage, une petite cicatrice vers la lèvre, ainsi qu’une coupure au cou qui avait clairement été faite par une épée.
Je le pris dans mes bras et articulai, « Je te pardonne. »
Il pleura d’autant plus belle, mais cela semblait être plutôt de joie. Il me remerciait, mais j’avais beau avoir pardonné, je n’avais pas oublié. Il dut partir, on le demandait pour une affaire urgente. L’effort de me lever, m’avait beaucoup coûté, je me laissai tomber sur mon lit. J’avais presque l’impression que toute ma force vitale m’avait quitté. Je dormis un peu, lorsque je réussis à ouvrir les yeux, je ne me sentais pas mieux. C’était peut-être même pire. J’allais mourir bientôt, je le savais.
Altous rentra alors dans ma chambre.
Il se posa à la fenêtre et dit, « Une sombre bataille se prépare… Le château est désert. (Il se tourna vers moi, ensuite.) Tu ne m’as pas l’air bien ? (Il eut un sourire mesquin.) Un des gardes m’a dit que Théodore t’avait rendu visite. Il eut dû tout te raconter, il est trop honnête. (Il se rapprocha un peu de moi.) Ce n’est pas important, la fin est proche… Tu as tenu plus longtemps que je ne le pensais… (Il avait un sourire de démon, il ne m’avait jamais fait aussi peur.)
- Peux-tu au moins me dire ce que tu m’as fait ? », demandais-je désespéré.
« La magie est vraiment une chose incroyable, j’ai enchanté le couteau de l’assassin au cas où il venait à te rater. Maintenant, ton énergie vitale est en train d’être absorbé, comme la peau se nécrose en cas de gangrène. La mort se rapproche et bientôt, elle t’étreindra de ses doigts squelettiques et froids.
- Je ne comprends pas… Pourquoi cette guerre ? Pourquoi cette trahison ? (Il eut l’air gêné, s’éloigna et se tourna à nouveau vers la fenêtre me masquant ainsi son visage.)
- Je ne souhaite que le meilleur pour ce royaume, et se débarrasser de ce rival depuis de longs siècles et une bonne option. Surtout que nous avons un nouvel allié puissant pour nous soutenir. (J’avais réussi à m’extraire de mon lit pendant son discours.)
- Et donc ? Penses-tu que répandre le sang est une bonne chose ? (Je m’étais rapproché de lui. Je le trouvai détestable.)
- Il faut savoir faire des sacrifices pour réussir. (J’avais toujours un couteau sur moi, afin de me défendre, je m’apprêtais à en faire un usage bien plus sinistre.) Que penses-tu faire avec ça ? (Il utilisa sa magie pour me restreindre.) Tu es fini. »
Il donna à cette phrase un ton d’inachevé. Altous finit par se retourner, il eut une expression difficilement lisible quand il ne vit à genoux, respirant avec difficulté. Je me concentrai, j’espérai que le sort se rompraient et que je pourrais le tuer. Il a fait bien trop de mal, et il allait sûrement continuer. Il me fallait l’arrêter. Il s’apprêta à quitter la pièce, il avait l’air de ricaner.
Seulement, la porte s’ouvrit sur Théodore et mon père, il l’avait donc trahi. Un indécis trahis une fois, un vrai traître trahit plusieurs fois… Théodore, je ne sais pas dans quels cas tu es, mais tu m’inquiètes.
Omar s’exclama, « J’ai tout entendu Altous, et ce jeune homme m’a tout raconté. Tu connaitras le sort des traîtres. Emmenez-le ! »
Des gardes s’emparèrent de lui, pourtant il eut l’air extrêmement calme. Suite à cela, la paix fut signée, le complot ayant été découvert. Yanis grâce aux révélations que m’avaient faite Altous réussit à annuler les effets du sort. Tout finissait bien et pas quand apparence. Théodore rentra afin de retrouver son suzerain, et moi je décidai de rester ici le temps de consolider les relations entre les deux royaumes. Nous avions même réussi à convaincre Ecthi de se joindre à l’alliance avec le roi Léandre. Quelle grande victoire ! Une de plus vers la paix, une paix sans fin, j’espère !
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
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