Narrateur : Léandre

Grâce aux pérégrinations d’Ali et Théodore, un nouveau royaume s’était allié à nous. Je n’avais pas approuvé cette mission, mais en considérant le succès que cela fut, je décidai de ne pas les punir pour leur présumé désertion. Quatre autres royaumes suivirent la démarche, il n’en restait plus que trois et ma quête serait enfin accomplie. Le problème était qu’il ne voulait rien entendre et qu’il était impossible de conclure d’alliance avec eux. Je ne pouvais pas me résoudre à les envahir par la force. Les autres royaumes plus vastes pourraient ainsi nous concevoir comme une menace et essayaient de se débarrasser de nous. Je ne dois instaurer aucun risque de divisions possibles. Il me fallait trouver une autre solution.

J’aurais pu y réfléchir longtemps, si Alexandre n’était pas arrivé, je fus surpris de le voir ici, je pensais qu’il s’occupait des affaires de son royaume, Tolma. Je fus frappé par une chose en le voyant, il avait l’air bien plus vieux qu’avant. Autrefois, il n’avait qu’à peine les cheveux grisonnants, aujourd’hui ils s’étaient tachés de toutes parts de blanc, même son visage s’était teinté de rides signe de vieillesse et il ne me sembla plus aussi fort qu’avant. Il avait l’air complètement épuisé. Il s’aperçut alors que je le dévisageai étrangement, et il eut un sourire tendre.

Il me dit alors, « Je sais que je me fais vieux, mais tout de même.

- Mais non, je… (J’étais rouge de honte.) Je ne pensais pas à ça, j’étais seulement surpris par votre venu.

- Je ne vous en veux pas mon bon Léandre, ne vous inquiétez pas. (Il essayait de me rassurer du mieux qu’il pouvait.) Passons, la raison de ma venue est simple, vous n’êtes pas sans savoir que les trois derniers royaumes qui refusent de s’allier à vous sont mes voisins.

- Et donc ? (Je ne comprenais pas trop où il voulait en venir.)

- Et donc, ils procèdent à leurs réunions annuelles et ils sont disposés à écouter un de nos émissaires.

- Vous devez bien les connaître, vous pourriez vous en charger. (Il arborait une expression qui avait l’air de dire, ce n’est pas une bonne idée du tout.) Qui y a-t-il ?

- Eh bien, il ne m’apprécie absolument pas, nous nous sommes fait la guerre à de multiples reprises. Je pense qu’il vous faudrait envoyer quelqu’un de plus neutres. »

Je réfléchissais à qui choisir : Grégoire était trop peu expérimenté dans ce domaine pour faire l’affaire, Charles était parti s’occuper des affaires en son royaume, Cyaneus. Ali était en ses terres pour gérer les suites de la guerre et Théodore venait de rentrer et il était revenu avec une paire de cicatrice, je pensais qu’il devait se reposer. Je ne savais pas qui sélectionner.

Alexandre semblait lui aussi réfléchir avant de répondre, « Eh bien, je crois bien qu’il ne reste plus qu’Antonin, le frère de Théodore.

- Quelle mission a-t-il déjà accompli ? (Il ne me disait presque rien à dire vrai.)

- Rien pour le moment, mais cela lui donnera l’occasion de s’y mettre. (Il avait raison.) Faites-le mander ici.

- Vous me donnez donc des ordres. (Il me regarda de travers avant de sourire.) Je vais l’envoyer chercher. »

Après qu’il eut fait ça, Alexandre trouva une chaise pour se mettre à mon bureau sûrement lassé d’être debout. Il semblait épuisé, je m’apprêtais à lui demander la raison de son abattement quand Antonin arriva. Il avait un air un peu pâle, je me demandai bien ce que tout le monde avait aujourd’hui. Je ne l’avais rencontré qu’une fois à son arrivée, mais il me semblait qu’il avait les cheveux plus longs qu’avant. Autrefois, ils s’arrêtaient au cou, maintenant ils le dépassaient. Il avait un regard doux, on pouvait voir qu’il était une bonne personne ainsi. Il avait un visage fin qui était en rupture avec celui de son frère Théodore. Antonin m’interrogea du regard.

Je répondis, « Je dois vous parler de quelque chose.

- J’ai fait quelque chose de mal ! », s’écria-t-il paniqué.

« Non ! À moins que tu aies quelque chose sur la conscience ?

- Non, mais en général quand un roi convoque un de ses hommes, c’est pour des remontrances…

- Non, pas ici en tout cas. (Il ne semblait pas me croire et je crus qu’il allait tomber dans les vapes.) J’ai une mission à vous confier, cependant Alexandre ici présent sera plus amène de vous l’expliquer. »

Le dit-nommé répondit, « Nous aimerions que tu sois notre émissaire. En effet, j’ignore si en ton royaume on connaît ce que nous appelons Le Conseil Des Trois, mais ses membres sont disposés à négocier avec nous dans le but d’une potentielle alliance. »

Il y eut comme un long moment gênant de silence. Antonin faisait de l’apnée tant il semblait affecté par cette décision, Alexandre était prêt à bondir pour le saisir s’il s’écroulait. Moi, j’étais étonné par sa réaction. Je commençai à me demander si tout cela était vraiment une bonne idée. Enfin, c’était le seul qui restait, puis il était le fils d’un roi, certes, le cadet, mais il avait dû être éduqué au cas où son frère ainé viendrait à mourir, non ?

Le pauvre réussit à articuler, « Très bien, puis-je disposer ?

- Oui, vas-y. », répondis-je inquiet et désirant le soulagé.

Il quitta la pièce en ayant l’air encore plus abattu qu’avant, je m’inquiétais pour sa santé. Je dévisageai surpris Alexandre. Il me rassura en disant qu’il allait lui parler.

Maintenant, regardons un peu plus en détails, les affaires courantes. Quel emploi du temps, j’avais réunion, réunion et encore réunion… M’en sortirais-je donc un jour ? Ah tiens, je devais visiter mes troupes aujourd’hui. Un peu de changement, je suppose. J’étais épuisé par avance.

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 28 Nov 2025 à 12h10

Commentaires (0)

Cette image n'a pas encore reçu de commentaires.

Poster un commentaire

Vous devez être inscrit et connecté pour poster un commentaire.