Narrateur : Nécronion

Horacétius avait eu ce qu’il avait mérité, une punition pour ses trahisons et ses mensonges. Qu’il puisse mourir serait pour lui un trop beau cadeau. Que chaque jour de son immortelle vie soit une terrible agonie était la punition parfaite. Je laissai Ludie ramassait son corps inconscient, elle l’avait aimé par le passé, peut-être bien qu’il avait encore un peu de valeur pour elle. Ce n’était pas important pour moi, je l’avais puni et j’estimai avoir réglé mes affaires avec lui. Cependant, j’avais d’autres problèmes à résoudre que celui-ci.

Mon poulain Théodore était dans le coma suite à l’usage de mes pouvoirs pour se débarrasser de ces bandits. Il avait été ramené au château de Léandre et tout le monde s’inquiétait pour lui. Qu’il en avait de la chance, s’il venait à m’arriver malheur, personne ne s’en soucierait. Bon, enfin, j’étais un dieu, donc peu de choses pourraient m’arriver, mais c’était pour le principe.

J’étais venu pour l’aider à se sortir de cette embrouille, ah mon petit Théo que tu en as de la chance. Cependant, Léandre était dans la chambre à ses côtés, je ne pouvais donc pas intervenir, il ne fallait pas je révèle mon implication, sinon, il pourrait essayer de l’éloigner de moi. Je restai donc tapi dans l’ombre, la mort ne surgit-elle pas là où on l’attend le moins ? Je me demandai bien ce qu’il pouvait avoir à lui dire. Il sembla chercher ses mots, cela ne devait pas être quelque chose de facile à avouer. Ces humains sont si compliqués… Un problème ? Pff, rien de plus aisé, une solution, voilà tout ce qu’il faut et si celle-ci et de parler pourquoi en faire un autre problème ? Ils devraient le savoir mieux que tout autre chose, leur temps est limité, et pourtant, ce sont eux qui le gaspillent le plus en futilité et en problème auto-crée. Tss… Enfin, je suis un hypocrite…J’ai toujours fuis mes problèmes.

Il énonça sur un ton accusateur, « Théodore, qu’as-tu fait ? Argine m’a dit que cela ne pouvait-être que les conséquences d’avoir emprunté la puissance d’un être divin ! (Il eut l’air désespéré ensuite.) Fais-moi un signe, je t’en prie. »

Cet appel au signe, j’étais bien tenté d’y répondre après tout il l’avait si gentiment demandé. Il continua de supplier, prier, vouloir ce signe… Très bien, mon Léandre… Si tu le souhaitais alors, tu l’auras. Il y avait une chaise, une petite table d’angle avec une carafe de vin. Je me posai sur le siège et me servit un verre.

Ensuite, je lui lançai, « Alors, on attend un signe ? Jeune souverain Léandre. »

Il se tourna vers moi et eut l’air terrifié.

Je continuai mes piques, « Après tout, tu l’as demandé grande majesté. Tu voulais un signe qui t’apporterais une réponse. Je suis le signe et ta réponse.

- ??? C’est toi qui l’as mis dans cet état ?! (Il avait les yeux ouverts grands comme des soucoupes tant il était surpris.)

-N'exagérons rien… (J’étais un peu gêné, ce n’était ni ce que je voulais, ni ce que j’avais prévu.) Je lui ai prêté mes pouvoirs pour l’aider à se débarrasser de redoutables brigands. Seulement, un mortel des pouvoirs divins… Ce n’est pas très sain. Cela dit il l’a voulu. Je ne l’ai pas forcé ! », disais-je comme si j’avais mauvaises conscience.

Il sembla réfléchir longuement. Peut-être bien qu’il s’interrogeât sur son alliance et son amitié avec Théodore ? Qui sait, cependant au vu du fait qu’il partit avec un regard absent, je supposai qu’il devait être soucieux. Tellement qu’il m’avait complètement oublié. Quelle importance ! Qu’il s’en aille ! Il retrouvera bientôt son copain, ils pourront à nouveau partager leur pain1 et leur bêtise d’amis. Pff… Qui a besoin d’ami de toutes façons !?

Je m’approchai de Théodore, il ne respirait qu’à peine, j’aurais pu le croire mort. Enfin, heureusement pour lui quand on est le dieu de la mort, on sait très bien qui est dans son royaume. Je pris son poignet, je sentis un pouls tenu, il était presque dans la tombe. Je ne comprenais pas pourquoi, il était dans un si sale état, je ne lui avais pourtant prêté qu’une part infime de mes pouvoirs. Tout au plus, ils auraient dû passer un jour ou deux dans le coma pas plus d’une semaine. C’était un accident, pardonne-moi, je t’en prie. Je n’ai pas voulu ça. Peut-être qu’Elle avait raison ? Je détruis tout, elle n’aurait jamais dû me laisser vivre et venir au monde.

Désespère, j’essayai de trouver la raison de son état, mais la blessure n’était pas externe, elle était interne, c’était son esprit qui avait été endommagé. Je n’arrivai pourtant pas à savoir, comment. Je ne lui avais pas donné assez de pouvoir pour qu’il en perde la tête, n’est-ce pas ? Il fallait que j’aide mon futur champion, je le sentais nos destins étaient irrémédiablement liés.

Son monde des rêves était plus froid que le cercle polaire. Il était au centre de son monde de glace, sous les regards accusateurs de tous ceux dont il pensait qu’ils ne le considéraient pas. Son père, je pouvais le comprendre, mais Léandre ? Pour le peu que j’avais vu de leur relation, il ne m’avait que semblait être bien intentionné, et tendre avec lui. Il était gelé, paralysé par le givre, dans sa propre solitude, dans son mépris de lui-même. Peut-être que cela était supposé représenter la terreur qui l’habitait quand il songeait qu’il était omis de tous ?

Je m’approchais de lui, et lui murmurai à l’oreille, « Il est temps de leurs montrer ce que tu vaux. Tu n’es pas faible ! Tu es plus fort qu’eux ! Ils te réduisent à néants par leurs regards, car ils sont jaloux. »

Théodore se releva, le givre fondait au rythme de sa colère. Sa haine était brûlante, après tout ce monde n’était qu’un rêve, il contemplait ses juges. Il trancha en premier un homme qui lui ressemblait, peut-être son père, j’en étais certains même. Il massacra tous ces gens-là, il était couvert de leurs sangs. Cela n’avait beau être que des êtres oniriques qui n’existaient que dans le domaine des rêves, j’avais été choqué par la violence de ses pulsions sanguinaires. La mort tout le monde la rencontrera, mais ce n’est pas une raison pour la croiser au détour d’un simple coup, d’un petit massacre que peut faire un homme à l’égard d’un autre.

Le rêve finit par s’achever et je le laissais seul. Je pensais qu’il était parfait pour être mon champion même s’il m’effrayait profondément. Je le sentais, bientôt, il reconsidérerait ma proposition. Je le savais tôt ou tard sa chute serait inéluctable… La destruction de Paxiam viendrait tôt ou tard… Cependant, je ne sais pourquoi, j’en étais moins enthousiasmé qu’avant, j’avais peur de ce qu’il ferait ensuite.

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 22 Nov 2025 à 13h14
Début de la partie 4.

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