Narrateur : Ali

Ce noble seigneur Alexandre était connu à travers tous les royaumes sous le surnom du Lion et il semblerait qu’il ne m’ait pas jugé digne de lui. C’était offensant, d’autant plus pour une raison tout à fait absurde qui plus est, j’avais d’ailleurs envoyé un message à ce sujet à Léandre, il méritait de savoir ce que ses agents faisaient en son nom.

Cependant, j’étais perturbé par ses propos, il s’inquiétait pour ma vie, mais j’aimais pourtant ce que je faisais… Certes, je m’épuisai un peu à la tâche parfois, mais j’avais mes limites, et des gens pour m’épauler. La personne que je lui rappelais devait être quelqu’un de cher pour lui. C’était sans importance, non je me mentais à moi-même ça m’affectait. J’étais consumé par ma propre ire, il m’avait blessé parce que dans le fond, je savais qu’il n’avait pas tort, je m’épuisais dans mon travail par ennui de mon existence. Ma jeune épouse, Delila vint me trouver. On s’était mariée, il y a un an, on avait deux années d’écart, seulement. Elle était belle comme le jour, délicate comme une fleur, mais attention aux épines de la rose, les infortunés, inattentif si piques. Elle s’inquiétait pour moi, il était tard, et je n’étais toujours pas venu me coucher, ainsi je lui racontais tous ce qui s’était passé. Je savais qu’elle était de bons conseils.

Elle me répondit doucement, « Tu devrais peut-être essayer de le comprendre. Il est âgé, la vie a dû lui être dur parfois. Il a peut-être ses raisons. »

Ses yeux doux me contemplaient, elle avait toujours été empathique c’est pour cela que je l’aimais. Elle avait les lèvres rouges et la peau plus noirs que l’onyx, elle était d’une beauté divine. Je me demandai encore comment elle pouvait aimer un misérable comme moi. Un impulsif de la pire espèce, et qui en plus passait sa vie à travailler et travailler en ayant si peu de temps à lui consacrer sinon parfois quelques-unes de ses soirées.

Je soupirai en disant, « Très bien, j’irais lui parler demain. »

Elle m’embrassa sur les lèvres délicatement, je lui rendis son baiser. La lune était belle ce soir et l’air était romantique. Ces deux choses ne pouvaient que contempler deux être s’aimaient dans la forme la plus brute de l’amour. Après ça, je me réveillai en pleine nuit tourmenté par quelque chose, une sorte d’instinct qui me disait que quelque chose de sombre allait se produire. Je me rendis sur les remparts. La lune éclairait le lac et le faisait miroiter, c’était magnifique, un petit miroir argenté entouré de sables. J’aimais mes terres, elles étaient superbes.

J’entendis alors du bruit, venant de mon côté droit, je pensais d’abord que c’était un animal. Les oiseaux de nuit venaient souvent se poser sur les remparts, c’était un observatoire pratique pour repérer leur proie. Je m’aperçus rapidement que le bruit ne pouvait venir que d’un être humain. Je m’approchais lentement et vis Alexandre assit sur un des créneaux, les jambes ballantes dans le vide, avec un regard absent comme un miroir qui ne fait que rendre la lumière.

Je lui lançai inquiet, « Que faites-vous ici ? »

Il me répondit morne, « Je contemple le monde d’en bas depuis le haut avant de le rejoindre. »

Je fis mine de ne pas comprendre son allusion et continuai, « Vous savez… Je me demande, la personne dont vous parliez tout à l’heure… C’était quelqu’un d’important pour vous ? (Je me sentais gêné, je me tenais derrière lui, prêt à le retenir, s’il tentait de se laisser tomber.)

- Oui, c’était mon frère… Mon grand frère… (Il me paraissait si écrasé, si triste, et non plus fier, comme lorsque nous nous étions rencontre, il y a une semaine.)

- Que lui est-il arrivé ? (Delila, tu avais raison, c’était son expérience qui avait parlé tout à l’heure.)

-… (Ses silences m’effrayaient.) C’est compliqué, je n’ai jamais vraiment su, mais il s’épuisait à la tâche pour se montrer en digne héritier de la couronne. (Je faisais de même.) Seulement, père, un jour… (Il souffla, je sentais bien que continuer lui était difficile.) Ils se disputèrent violemment et… Je ne sus pas bien ce qu’ils s’étaient dit, mais mon frère se tua et me laissa un mot qui me souhaitait bonne chance pour mon futur règne. »

Il éclata en sanglot, je pris alors conscience d’une chose, c’était que je ne savais pas non plus comment je réagirais, si mon père venait à me rejeter, alors que j’avais tout donné pour lui. Toute la raison de mon travail ardu se verrait partir en lambeau et ça, je ne l’accepterais pas. Je comprenais maintenant mieux pourquoi, il s’inquiétait pour moi, il avait dû noter les similarités, après tout, on n’oublie pas une histoire pareille. Merci Delila, tu donnes toujours de si bon conseil. Je le comprenais bien mieux, mais je voulais une seule chose qu’il se rassure, je… J’avais je le crois bien tant d’autres raisons de vivre, notamment ma femme, et parfois mes frères.

Je répondis avec tendresse, « Je tâcherais de ne pas connaître, le même sort, je vous le garantis. Je refuse que mes frères et mon épouse souffrent par ma faute. »

Il me fit un sourire triste et il avait un air nostalgique. Je décidai de rester un temps avec lui à contempler les étoiles, car je craignais pour lui. La nuit et la lune étaient toujours aussi belles. Peut-être qu’elles lui évoqueraient de plus heureux souvenirs, peut-être des bons moments avec son frère ?

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 18 Nov 2025 à 18h40
Donc le réel chapitre du jour !

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