Narrateur : Charles
Voilà une lettre qui ne faisait pas plaisir à recevoir. Grégoire, mon ami, pourquoi avoir commis une pareille erreur ? Je lui fis part de tout mon mécontentement sur le papier. Pourtant, je reçus un message qui ne me plaisait guère. Il me faisait savoir qu’il n’avait pas l’intention de renoncer à son amourette. Je le savais, ainsi il allait au-devant de grands dangers. Hasting, ce n’était pas un comique et il n’apprécierait pas, qu’un autre se tape sa femme à sa place. Grégoire… Que fais-tu ? Que fais-tu ? Cherches-tu la mort ? Cherches-tu le duel ? Tu auras une renommée auprès des troubadours qui chanteront ta légende, mais je ne suis pas certain que c’est ce que tu voudrais.
Je reçus alors un message de la part du roi Augustin, je le connaissais bien, il était une personne à la droiture d’âme impérissable. Cela concernait Grégoire, il soupçonnait qu’il s’acoquinait avec sa fille et il voulait que je vienne lui tirer les oreilles à ce sujet. En effet, c’est perspicace de votre part. J’appris ainsi que le fiancé de la dame allait venir et qu’il pourrait mal prendre cette affaire, surtout s’il découvrait que c’était vrai. J’enfourchai donc mon cheval en quatrième vitesse afin de me rendre là-bas. Quatre jours, enfin, un peu moins, si je me précipitais pour me rendre là-bas. Il fallait que j’arrive à tout prix avant Hasting de Voima. Grégoire, tu m’obliges à de grands efforts, ma pauvre santé n’allait pas s’en remettre.
Je songeais, pourquoi Grégoire s’était-il entiché de cette princesse Clotilde ? Je l’avais déjà vu, elle n’était point laide, mais… Je le savais, je l’ai toujours su les choses de l’amour ce n’est point pour moi, ni les femmes, ni même les hommes aussi interdit soit-il en ces temps-là, j’aurais encore préféré cela à la totale apathie dans le domaine du cœur. Certains pour ça me jugeaient dédaigneux, d’autres prétentieux voire impuissant. Les deux premiers étaient faux quant au-dernier, je n’avais pas de preuve du contraire comme de preuve que cela était la vérité. J’aurais pu être heureux, si on ne se moquait pas de moi pour ça et déjà que je n’avais point de fiancée parce que mon physique maladif leur faisait penser que j’étais maudit cela n’arrangeais pas la chose. Dans le fond, j’enviais Grégoire de pouvoir expérimenter le désir de l’amour, car pour les autres, il était normal. Peut-être que dans le fond, ma jalousie me rendait un peu trop méchant à son égard dans mes pensées. Ah mon pauvre, crois-moi, je te ferais passer l’envie de coucher avec des femmes qui vont se marier.
Nuls menaces ne s’opposèrent à moi sur la route, ce qui me ravissait, mais d’un autre côté ça me laissait songer à mes futures passions sans amours, il faudra bien un jour s’y résoudre. Je me noircissais l’humeur pour des stupidités, avoir un héritier, c’est tout ce que l’on me demandait. Grégoire, malgré toi, tu réveillais en mon cœur de nombreux tourments.
J’arrivais, enfin, devant ce sinistre castel1, c’était surtout fortifié pas de place pour la décoration ou la beauté. Un grand donjon servait de lieu de résidence pour le souverain, d’austères pierres le composaient froides et dures similaires à la sévérité de leur souverain. Cependant, depuis que sa fille était là, elle avait essayé d’adoucir les lieux, elle s’était fait un jardin dans la cour centrale, afin de meubler ce sombre péristyle qui m’effrayait enfant quand mon père m’emmenait avec lui, visiter son ami. Lorsque je fus à l’intérieur, j’eus une discussion intéressante avec le roi Augustin, ami de mon feu père. Cela étant dit, il me fallait parler à Grégoire, et à cause de ça je n’arrivais pas à me concentrer vraiment sur ses propos, ainsi, je ne retins que peu de choses de cet échange. Le roi, ce vieux renard rusé, s’aperçut bien que j’étais préoccupé par autres choses, et me laissa rejoindre mon ami.
Je le trouvai à regarder les fleurs du jardin assis sur un banc de pierre. Le lieu était charmant, maintenant, Clotilde avait un excellent sens de la décoration. Il avait un sourire agréable, en contemplant les lilas roses, il me paraissait sincèrement heureux et en tant qu’ami cela me faisait plaisir de le voir ainsi, mais en tant qu’ami c’était aussi mon devoir de l’avertir du danger qu’il le guettait et d’essayer de l’aider.
Je le pris à part et lui dit à la fois calmement et sévèrement, « Il est temps de mettre un terme à ton idylle, elle ne va t’attirer que des problèmes.
- Tu ne comprends pas ! Ce n’est qu’une passade avant son mariage ! (Il était furieux contre moi.)
- Oui, en effet, je ne comprends pas ! Tu peux la désirer autant que tu veux, peut-être bien le faire une fois, mais tu ne peux pas continuer ainsi ! (Je ne devrais pas m’énerver contre lui. Le pauvre…)
- Tais-toi ! Tu ne comprends pas ce que je ressens, tu traites ça comme si c’était facile. (Ça me faisait sentir honteux, il n’avait pas tort, je n’étais pas dans sa situation après tout.)
- Je suis désolé, en effet, j’en suis incapable, je ne suis pas dans ton cœur. Cependant, prends garde à toi, car cet Hasting, te tuera s’il te prend au fait. »
Il serrait son poing si fort qu’il en tremblait de colère. Cela se voyait qu’il se retenait de me coller une droite.
Grégoire articula méprisant, « Je l’affronterai s’il le faut et je suis prêt à mourir pour mon amour. Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi ! »
Il me bouscula et partit avant même que je n’eus le temps de répliquer quoique ce soit. Je songeais cependant à une chose, cet homme ne se vengerait pas que sur lui, peut-être bien que ce qu’il fera à elle sera bien pire que la mort. Il fallait que j’arrête ça avant qu’il ne se produise une catastrophe. Cela serait un handicap presque insurmontable à la quête d’union de tous les royaumes de Léandre et puis, je ne voulais pas perdre mon ami, après tout, c’était de ma faute s’il était devenu chevalier et s’était retrouvé dans cette situation. Tout ne pouvait aller que de mal en pis, déjà que cet Hasting n’était pas une étoile de lumière, mais de ténèbres, cela ne pouvait que mettre de l’huile sur le feu. Il… Je… Je n’arrivais plus à formuler de pensées claires.
Lorsque, j’errais près des murs qui délimitaient le jardin intérieur, une voix me sortit de ma confusion, une qui était pleine d’assurance disant, « J’ai entendu votre conversation… Vous pensez vraiment qu’il peut le tuer ? (Elle semblait réaliser qu’elle l’avait peut-être mis en danger.)
- Clotilde… Vous aussi… Il pourrait vous faire du mal… (Je la regardai avec grande inquiétude.)
- J’essayai de faire annuler ce mariage, je trouvais votre ami plutôt charmant alors j’ai voulu l’exploiter à cet effet. (C’était mesquin. Grégoire le savait-il au moins ? Peut-être bien, il avait appelé ça une passade après tout… Ou était-ce pour m’apaiser ?)
- … Le pauvre, vous allez lui briser le cœur voire le faire tuer. Vous sous-estimez la cruauté de cet Hasting.
- Je sais déjà ça… (J’aurais pu lui pardonner, si elle avait ignoré la menace.) Pourtant, il y a peut-être une échappatoire à ce problème. Vous êtes célibataire et un roi d’un royaume puissant avec bien des alliés, vous êtes un excellent parti. »
Elle s’était mise de telle sorte à ce que je ne puisse pas partir sans la bousculer. Je ne pouvais tout de même pas faire ça. Elle me plaqua contre le mur, ce n’était pas difficile, je n’étais pas ni fort, ni bien massif. Je ne savais pas quoi répondre, j’avais peur d’une guerre, si je refusais. Je ne voulais pas ruiner, les projets d’alliances de ce pauvre Léandre, il avait tant à penser que je ne pouvais pas non plus lui coller une guerre sur le dos.
Elle continua, « Je ne suis pas assez belle pour vous ? (Clotilde se redressa, mais elle me dominait toujours, elle était plus grande que moi.) J’avais entendu dire que vous étiez dédaigneux et froid comme le marbre, cela est donc la vérité. »
Je répondis piqué, « Non, je ne le suis pas ! Je… Je… »
Mon cœur battait si fort que je croyais qu’il allait exploser. J’avais l’impression de défaillir, je voyais trouble, je n’arrivais presque plus à tenir debout. Je m’écroulais alors contre le mur, mais il me soutenait et me maintenait debout, enfin, tout du moins, il m’empêcha de m’exploser directement contre le sol. Je n’avais pourtant pas entièrement perdu connaissance et je sentais son souffle dans mes cheveux.
Je sentais son inquiétude, mais elle n’arrivait sûrement pas à dire quelque chose. Les mots me restaient dans la bouche, je crus m’étouffer avec ma langue en essayant de parler. Je ne me serais jamais cru aussi sensible, j’ai échoué à acquérir la froideur, à transformer mon cœur en pierre. Je repris un peu contenance quelques minutes plus tard, même si c’était toujours le mur qui me portait.
Elle me murmura à l’oreille, « Tout va bien ? Je suis désolée, si je t’ai mis mal à l’aise. (Elle me parut relativement sincère.)
- Non, je vais bien… Je suis désolé… (Je mentais allégrement, mais je le savais je devais sûrement être pâle comme un mort.) Je vous présente mes excuses pour vous avoir fait peur. »
Je me relevai avec une certaine maladresse, après tout ce mur n’était pas un mur porteur. La proposition qu’elle m’avait faite méritait tout de même d’être réfléchis. Clotilde me dévisageait comme si elle ne croyait pas à ce que j’avais dit. Elle n’aurait pas tort… Je savais pourtant que je me devais de faire une chose présenter mes excuses à Grégoire. J’avais été peu compatissant à son égard. Je ne le trouvais point, il avait dû partir bouder quelque part dans un coin à l’abri de tous les regards.
Cependant j’avais entendu dire que Hasting devait arriver aujourd’hui, je mettais donc installé aux remparts pour le voir arriver. Les paysages d’automnes étaient si beaux, les arbres à feuilles caduques, avaient perdus leur feuilles qui était devenu mordoré et qui jonchaient le sol, lui donnant un tapis doré. Les épineux, montraient leur force en gardant leur pique se préparant aux premières neiges qui vêtiront ses épines vert sombre, d’un blanc délicat et pur. Tenez, mon anniversaire était dans six jours, le six décembre, j’aurais vingt-six ans. Quel bel âge à atteindre pour une constitution si fragile !
Je continuais de songer à cette proposition, ce mariage, pourtant je n’arrivais pas à trancher. J’avais besoin de me marier, mais d’un autre côté, je ne le voulais pas. Je soufflais agacé, j’avais les mains posées sur les créneaux, cherchant dans l’horizon la réponse à mes interrogations.
J’entendis alors Grégoire dans mon dos me dire, « Clotilde m’a parlé de votre « futur » mariage.
-Je n’ai pas encore donné de réponses, calme tes ardeurs, jeune galant », répondis-je distant sans même me retourner.
« Par respect pour notre amitié, tu aurais dû répondre non et ne même pas considérer cette option. (Dit l’homme qui fornique avec une fille quasiment mariée. Je me tournai vers lui, il pleurait de rages.)
- Je considère cette option, car je ne m’appelle pas Hasting et que je ne tuerais pas un homme pour avoir couché dans le même lit qu’une femme fiancée. À bon entendeur. »
Il demeurait muet et à un point inquiétant, il me colla un soufflet qui me fit tomber à terre tant il avait été donné avec sincérité. J’en étais tellement choqué que je ne sus quoi dire. Grégoire lui-même semblait sidéré par ce qu’il avait fait. Pourtant machinalement, il me plaqua au sol, j’essayais de le repousser, mais il était trop fort pour mon corps frêle. Je pensais qu’il allait me tuer à m’écraser de la sorte, mais il finit par s’effondrer en pleurant sur ma poitrine. Je le serrais dans mes bras, je craignais le fait qu’il puisse changer d’avis.
Il balbutia, « Je m’excuse… »
Je décidai de ne pas relever la faute2.
Je répondis désespéré par son comportement d’enfant, « Grégoire… Je te pardonne, mais tu m’écrases.
- Comme je suis écrasé par mes sentiments.
- J’ignorais que tu étais poète ! », m’exclamais-je sarcastique.
Il sourit avec un sourire empli de larmes. Il se releva et s’assit contre un des créneaux. J’eus dû mal a ne serait-ce que m’assoir ; il m’aida et on se retrouva côte à côte appuyé contre les pierres. Il ne disait rien et moi-même je n’osais pas.
Il finit par formuler quelques paroles, « Ce n’est pas tant que je sois poète, c’est seulement que je me sens écrasé par cet amour. C’est comme s’il était un poids sur mon cœur. (Je me sentais mal pour lui, surtout s’il se sentait aussi présuré que moi tout à l’heure.) Si tu choisis de l’épouser, tu as mes plus beaux souhaits de vie heureuse et que les noces soient belles.
- Cela a l’air de te faire souffrir… (Oui, cela était clair comme le cristal, cela s’entendait à sa voix.) Et je te l’avoue, je ne suis pas nécessairement pressée de me marier. Je verrai bien ce qu’il en est quant à la réputation de cet Hasting. »
Je regardai un peu le vide, je ne savais guère quoi dire. Mon esprit errait dans le néant et ses recoins les plus sombres, j’avais un peu perdu contact avec la réalité. Tant et tellement que je ne m’aperçus pas que je crachotai du sang, que Grégoire m’avait brisé une côte, qu’elle m’avait percé un poumon que je m’étais évanoui sous le regard paniqué de mon ami. Tout cela, pourtant n’avait pas atteint mon esprit c’était comme si cela n’était pas important pour lui. C’en était sidérant, oui, c’est le terme, je crois bien ?
Quand ce qui tracassait mon âme s’envola enfin, je m’aperçus que j’étais dans un lit, des bandages au niveau des côtes. Grégoire pleurait comme une madeleine, j’avais l’impression d’être mort à l’entendre gémir de la sorte, dans un sens, cela me montrait qu’il tenait à moi au moins, enfin, j'espérais surtout des excuses de sa part. Je crois bien qu’il ne réalisait pas sa force, ce pauvre géant. Je lui ébouriffais les cheveux de la main, il releva la tête surpris, il me prit dans ses bras et je crus qu’il allait m’étrangler tant il me serra avec la puissance de son affection.
J’ironisai, « Tu tiens donc à me briser de nouvelles côtes ! »
Il me laissa donc respirer et balbutia des excuses. Il était un peu simplet, mais il avait la bonté du simple, de celui qui aime sincèrement, de celui qui blesse par maladresse plus que par méchanceté et qui s’en repent avec une simplicité honnête et honorable. Grégoire m’expliqua qu’il devait prévenir les autres quand je me réveillerai. Il partit donc précipitamment. Je me demandai bien ce qui pouvait les préoccuper autant qu’on doive les avertir de mon réveil. La réponse à ma question ne sut tarder à être donné.
Un homme bâtit comme un ours rentra dans la pièce. Tout mon être fut impressionné par sa taille, un géant, de deux mètres de haut. Ludie protège-moi ! Il inspirait le respect rien que par sa présence. Il avait les yeux d’une couleur étrange, une couleur qui rappelait les marécages. Pourtant, il n’était pas laid, mais son visage n’avait pas la finesse du marbre et semblait être une statue taillée maladroitement au biseau d’un tailleur de pierre aspirant, mais qui avait déjà un talent grandissant. Il avait un nez aquilin, mais probablement pas de naissance, il avait dû être cassé à de nombreuses reprises ce qui lui avait donné une bosse au centre. Il me fit un sourire qui semblait être le sourire des personnes qui souriaient quand de rares occasions. Il prit une chaise et s’assit en face de moi. Il posait ses mains bourrues sur ses genoux calleux. Il était impressionnant autant que le contraste entre nos deux physiques.
Il s’introduisit ainsi, « Voici donc celui que ma chère fiancée veut épouser à ma place… (Je fus choqué et je ne comprenais pas bien.) En effet, jeune souverain, dit Le Juste, je suis Hasting. Rassure-toi, ce n’est pas moi que ton ami est allé quérir, mais je l’ai entendu passer dans le couloir, donc me voici.
- Tu es là pour me tuer ? (Je le dévisageai effrayé.)
- Quoi ? (Il eut l’air sincèrement surprit.) C’est à cause de ma réputation, c’est ça ?
- Peut-être… (Je me rassurai un peu. Il n’en avait peut-être pas l’intention immédiate.)
- Je ne suis pas fâché, (A un autre, mon cher, va le dire.) tout du moins ni contre toi, un innocent, ni contre ton ami qui couche avec ma femme. Enfin, si je l’étais, mais quand j’ai vu qu’il était un naïf et un simplet toute ma colère a disparu. (Il me sembla honnête au moins sur ce point-là.)
- Je suppose que vous ne venez pas là seulement pour me dire ça. Vous avez quelque chose en tête. (Je lui donnai le regard le plus suspicieux de la terre.)
-Perspicace ! Vous savez, j’ai une sœur et je me disais qu’une alliance entre nos deux royaumes serait bénéfique et j’ai un bon argument, si vous en convenait, je m’allierai aussi à Resregis, le royaume de Léandre, son projet est amusant. La déesse de la guerre, Sota, notre grande protectrice, ne nous en voudra pas, après tout, c’est le projet des dieux.
- Je n’aurais jamais pensé recevoir autant de demande en si peu de temps. Cependant, faisons ainsi, ça me paraît le mieux. (C’était le genre de type qu’il fallait énerver, puis de toutes manières, cela avançait la quête de Léandre aussi.)
- À la bonne heure ! Cela étant dit, je vous conseillerai de marier votre ami, car il va vous attirer des ennuis, s’il continue de viser le haut du panier. Je suis sûr que vous pourriez lui arranger des fiançailles tout à fait convenables. (C’était un entremetteur, dis donc.)
- Le problème est plutôt de le convaincre d’accepter. Il est plutôt têtu quand il s’y met.
- Je le ferais fléchir vous verrez, en lui faisant comprendre ce qu’il risque à s’entêter. (Il s’apprêta à partir, puis il se retourna à l’entrebâillement de la porte.) Au fait, j’ai emmené ma sœur afin de vous la présenter, je ne vous en dirais pas plus. »
Attendez ? Comment savait-il que j’allais venir ici ? Il me semblait qu’il avait prévu quelque chose. Il quitta entièrement la pièce, et il fut remplacé par une jeune femme. Elle avait les mêmes yeux couleurs marais que Hasting, pourtant il y avait quelques différences, elle avait un visage bien plus fin que lui. Elle aussi avait le nez cassé, il faut croire que c’était de famille. Elle était un peu plus petite, cependant, au moins, elle ne risquait pas de m’écraser en une étreinte. Elle se jeta sur moi pareillement à Grégoire, je crus qu’elle allait me briser les côtes tant elle me serrait dans ses bras. Non, je n’avais rien dit en fait. Elle était autant brute que son frère et j’étais sûr qu’elle avait la maladresse mon pauvre ami.
J’ironisai, « Arrêtez ! Vous allez défaire ce qui a été refait. »
Elle me lâcha cette belle brune à forte poitrine. Elle s’assit sur la chaise où était précédemment son frère. Elle semblait un peu gênée et elle plissait sa robe de nervosité.
J’essayai de briser la glace, « Quel est ton nom ? Ton frère n’a pas pensé à me le dire…
- Éveline… Je suis désolée de vous avoir écrasé, mais vous voir dans cet état m’a ému. (Ce mariage promettait d’être intéressant.)
- Bien… (Je regardai encore un peu dans le vide.)
- Parlez-moi de vous ! (Elle me faisait un charmant sourire. Je ne pus m’empêcher de lui rendre.)
- Moi ? Je suis roi, seul, maladif, j’ai les côtes brisées et je me nomme Charles. Cela vous convient-il ? (Elle fit la moue.)
- Cessez de vous dépeindre comme un misérable ! (Elle me toisait d’une façon qui me fit rougir de honte.) Vous êtes un beau jeune homme, un peu pâlot et maigrichon, mais il faut de tout pour faire un monde. Le fait que vous soyez imberbes, vous donne un air prépubère (Ça me faisait sourire.), mais votre véritable âge se lit sur votre visage et dans vos yeux. Je suppose que je ne suis pas la seule femme qu’il y ait eu ?...
- Vous pourriez être surprise, belle jeune fille aux yeux marais. (Le terme marais la fit tiquer.)
Un air supérieur,
Des lèvres comme écrin
Des mots empruntés au divin,
Un regard qui juge mes torts.
Moi, roi d’une terre
Elle, reine du royaume des cœurs,
Le mien étant devenu une pierre,
Le chœur de l’amour n’y fait pas entendre sa clameur. »
Elle ne savait pas bien comment réagir à ça. Éveline rougissait, elle me semblait être une bonne personne. Je ne pourrais jamais l’aimer autant qu’il le faudrait, mais ce n’est pas non plus comme si je pouvais aimer qui que ce soit de cette manière, cependant je la traiterai de la façon la plus parfaite possible. J’étais content de la situation. J’aurais un beau mariage, je n’aurais jamais cru que cela finirait comme ça un jour.
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
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