Narrateur : Nécronion
Voilà donc un jour ou deux que nous étions arrivés à destination. Nat m’avait fait la fête, elle s’était inquiétée pour moi, je songeai alors de nouveau à ce que m’avait dit Horacétius concernant la déesse monde… Non, je ne m’attachais pas à l’inatteignable, idiot de magicien. Naturae était assez maline pour voir que j’étais préoccupé, ainsi elle m’épargna ses sollicitations amoureuses. Je contemplai un peu la situation au fil des jours qui passaient, Horacétius était en prison ou quasiment mort, Théodore était loin d’être un saint. Quant à Léandre, il errait de çà et là dans le village des esprits sylvestres comme une âme en peine. Il inquiétait tout le monde, ses yeux vers émeraudes s’étaient ternis, comme une pierre qu’on avait oubliée de polir et qui avait perdu l’éclat de sa couleur et de son précieux.
J’avais d’autres soucis et il ne voulait pas me parler. Ainsi, je ne pus l’aider et comme je ne le connaissais pas assez, je ne trouvai point de moyens de le distraire. J’avais tout essayé pourtant, la conversation, les jeux, la lecture, et toutes les choses possibles et imaginables. Rien, rien n’y faisait ! J’abandonnai donc à contre-cœur. Je me concentrai donc sur un de mes problèmes, vaincre Théodore, Le Cruel, je trouvai que ce surnom que je lui avais donné lui collait bien. Je pensai que pour ce faire, il me fallait réunir des alliés en quatrième vitesse. Seulement, ces pauvres esprits des bois étaient des êtres pacifiques et en l’état inapte à toutes sortes d’offensives. Je savais en mon for intérieur qu’ils ne renonceraient jamais à leurs vues pacifistes, j’étais donc bien ennuyé.
J’étais perdu dans mes rêveries un de ces jours-là, peut-être une semaine après notre arrivée, quasiment deux semaines après la catastrophe, je marchais au hasard quand j’entendis une voix distante qui murmurait mon nom. Je décidai de l’écouter et de la suivre vers là où elle me guidait. Je ne savais pas pourquoi j’avais fait cela, elle me semblait douce, tendre et charmante, et je me sentais le besoin d’aller dans sa direction ; je voulais la poursuivre. Sur mon chemin hasardeux, je perçus alors deux voix d’hommes au loin, je courus vers celles-ci, je vis alors deux chevaliers erraient dans la forêt.
Celui qui me sembla être un simplet s’exclama, « Horacétius a dû se tromper ! (Horacétius ? Avais-je bien entendu ?)
- Grégoire, je crois que tu as raison. », dis celui qui avait un air rachitique.
La mention de mon magicien préféré m’avait intrigué, je décidai d’investiguer ça plus en détails. Je me rapprochai d’eux et ils me remarquèrent enfin.
Celui que le second homme avait nommé Grégoire me demanda, « Qui es-tu ?
- Je suis perdu. (Il sembla confus.)
- Votre nom, s’il vous plait par votre état. », me répondit l’autre plus pragmatique.
« Je suis Nec… (Je ne pouvais pas leur dire mon vrai nom alors, j’avais improvisé.) Et vous deux ?
- Charles et le naïf Grégoire… (Ledit naïf ne sembla pas apprécier l’appellation.)
- Que venez-vous faire ici ? (Le nommé Charles se taisait, il semblait vouloir laisser la conversation être menée par son ami.)
- Nous cherchons notre souverain et vous ?
- Un souverain ? Il n’y a aucun seigneur ici, c’est la forêt de la déesse Naturae. Quant à moi, je fais commerce avec les sylvestres. (Je voulais en savoir plus sur leur intention.)
- Les sylvestres ? (J’avais piqué la curiosité de ce jeune homme, l’autre s’il n’était pas aigri par les ans, l’avait été par autre chose tout du moins.)
- Oui, les esprits de la forêt, une peuplade créée par la grande déesse Naturae, ne les connaissez-vous pas ? (Apparemment pas, au regard de leur expression.) Ils vivent dans et de la forêt, mais ils ont besoin d’entretenir de bonnes relations avec l’extérieur, je fais l’intermédiaire entre autres. (Je lui donnai un sourire enthousiaste qui me sembla charmer Grégoire.)
-Mais Horacétius nous a dit… (Il se reprit de lui-même.) Nous sommes perdus, vous ne pourriez pas nous guider au moins jusqu’à vos amis ? (Ce Grégoire avait une expression tout à fait aimable, il me sembla honnête, l’autre en revanche me regardait avec une grande méfiance, il me parut plus malin.)
- Oui, bien sûr sans problème. », répondis-je avec sympathie.
Je ne mentais pas, ils avaient quelque chose à voir avec Horacétius et je voulais de ses nouvelles. Je portai mon regard sur l’homme nommé Charles, je savais qu’il ne me parlerait pas et qu’il empêcherait son ami d’être bavard, je devais d’abord gagner sa confiance.
Je me rapprochai de lui et demandai, « Que venez-vous faire ici ? Votre ami n’a pas été très clair…
- Il a pourtant été très clair. (Il ne voulait pas me parler.)
- Je sais, seulement, je ne veux pas emmener des gens malintentionnés à mes amis. (Je pensai qu’il avait un cœur de pierre, mais il sembla comprendre mon inquiétude.)
-Rassure-toi… Nous sommes bien intentionnés. (Il me sembla sincère. Enfin, il était aussi bavard que les pierres et aussi que clair que de l’eau croupie dans ses explications.)
- La nuit commence à tomber, cependant il ne faut pas nous arrêter. (J’étais inquiet.)
- Pourquoi ? Je croyais que les sylvestres étaient pacifiques. (Peut-être bien, mais ils ne sont pas les seuls ici.)
- Oui, mais pas les monstres qui traînent dans les bois… Les dévoreurs, ils ne sortent que la nuit et plongent leurs victimes dans le désespoir pour se nourrir de leurs tourmentes. (Je paniquai, je n’étais plus un dieu, je ne pouvais plus les protéger et il nous fallait retourner au village le plus vite possible.)
- Calme-toi, ne sombre pas dans le désespoir ou nous ferons des proies faciles. (Charles regarda de toutes parts.) Mais où est Grégoire ? (Je ne le vis pas non plus.) J’ai bien envie de t’accuser en disant qu’ils t’ont envoyé, mais si c’est le cas, tu me seras utile. »
Je n’eus pas le temps de me défendre qu’il m’assommât. Génial ! Je lui servais d’appât maintenant. Il m’avait attaché à un arbre, les monstres étaient là, je sentais leur présence. Des gens qui se promènent dans ces bois la nuit, c’était rare, alors fatalement, ils s’étaient automatiquement dirigés vers nous. Ils vinrent plus près, ils savaient que mon âme était un puit sans fonds de désespoir. Je me devais pourtant de résister, de chasser ce noir sentiment et peut-être bien que l’espoir daignera m’éclairer de sa douce lueur candide. C’était vainement espéré… Leurs voix étaient comme des instruments désaccordés, une chose disharmonieuse, un son qui perce les tympans et qui s’immisce jusqu’au fond de l’âme pour en briser l’harmonie.
Ils murmuraient, « Tout est ta faute… Tu es responsable, encore et toujours… Tu es incapable de gérer la situation, tu vas échouer, tu ne vas pas sauver le monde. (Qu’importe, un autre se dressera je suppose, tant que Léandre vit, il y a encore de l’espoir.) Traître de toutes causes même la tienne, être de la déception, déçu par lui-même. Renonce à tout espoir, même lui ne peut rien faire pour toi.
- C’est la vérité, je ne peux pas mentir, ça serait le faire à moi-même… Pourtant, je m’en moque, la déception, la haine de soi, ce n’est plus de mon ressort. Je n’ai plus rien à perdre, plus rien à gagner. Alors, dévorez tout, tout mon être désabusé et désespéré. Cependant, j’estime que je suis assez pour vous rassasier alors ne soyez pas gourmand, et laissez fuir mes deux amis.
- Notre pitié, tu réclames, mais elle n’est pas en notre âme. Tes amis sont nos proies, le désespoir n’est pas en toi, tu contempleras leur fin sans pouvoir agir. », dirent-ils sinistres.
Ils disparurent, je tirai sur mes liens, ils résistaient, je ne pouvais pas m’enfuir. Ils allaient les tuer, c’étaient ma faute, je ne pouvais rien faire. L’ombre qui entachait les âmes vint se présenter à mon cœur, elle me noyait dans le sombre, dévorant la vacillante lumière de l’espoir. Les dévoreurs de désespoir n’avaient pas de maître parmi les dieux, ils existaient c’était tout, ils étaient immortels, nuls ne connaissaient leur origine, cependant ils haïssent la lumière. Peut-être que Ludie pourrait aider ?
Je lui dirais tout ce qu’elle voudrait bien savoir, et elle pourrait sûrement sauver Horacétius. Je n’eus pas le temps développer ma pensée que je vis Charles revenir, ces maudits monstres l’entouraient, ils murmuraient des choses atroces, ces instruments d’autodestructions, mais je n’entendais pas ce qu’ils pouvaient bien lui dire.
Je lui criais, « N’écoute pas ces vermines ! Ils sont des menteurs, ils veulent te tirer vers le bas.
- Ah oui ? Pourtant, c’est toi qui mens Nécronion, tu te caches pour nous piéger. », répondit-il d’une voix altérée.
« Oui, je suis Nécronion, c’est vrai… (Les monstres lui avaient dit, j’en étais sûr. Ah n’importe, je n’avais pas de moi.) Léandre, c’est lui que vous cherchez, n’est-ce pas ? Il est au village des Sylvestres, Horacétius me l’a ordonné pour que je le mette en sécurité. (Je me donnai les pensées les plus noires que mon esprit puisse concevoir pour les appâter.) Laisse-moi, ils me dévoreront et vous gagnerez du temps.
- Mais… (Il trancha les cordes qui me retenaient.) Je te laisse une chance de t’en tirer aussi. », dit-il avec un tendre sourire.
Je n’avais pas l’intention de fuir, je voulais mourir, si je m’en allais, ça serait la fin de tout, ils nous poursuivraient tous. La mort définitive de l’espoir… Rien que d’y penser ça me bouffait de l’intérieur. Les esprits se jetèrent sur moi, j’avais renoncé à tout, même à mon envie de vivre. Je sentais leurs mains contre moi, leurs voix qui me brisaient et me dévorer par le désespoir. C’était comme s’ils m’arrachaient des bouts de mon âme, j’espérais que ces deux chevaliers réussiraient à s’enfuir, c’était la seule chose qui me faisait tenir. Pourtant, j’essayai aussi de maintenir la source de leur nourriture, ou ils partiraient chercher un autre soupé. Je versai des larmes en pensant à mon trépas, ils couvraient presque l’intégralité de mon corps, il ne me restait qu’un œil qui était découvert et qui pouvait se délecter de la douce lueur de la lune.
Il y avait des étoiles dans le ciel qui brillaient comme la chevelure de la déesse monde, j’espérai avoir réussi à empêcher la destruction qu’elle avait vu venir. Je ne voulais pas l’avoir pleuré à nouveau, rien que de songer à cette idée, je m’en désespérais d’autant plus. Les esprits déchiraient tant et tellement mon être que je commençai à ne plus rien ressentir physiquement, le fil de ma vie avait été si tiré, si brutalisé qu’il était près de rompre.
J’avais l’impression qu’ils avaient réussi à s’enfuir. Combien de temps s’était-il écoulé ? Longtemps, j’en avais l’impression. Je me laissais entièrement sombrer, je ne résistais plus contre leur mensonge et je laissais les abîmes du désespoir me saisirent de leurs mains glaciales, me donnant un entraperçu de la mort. Au milieu du givre, je sentis des mains chaleureuses me soutenir qui me rappelaient à mes sens. J’ouvris les yeux afin de regarder plus que voir.
Des cheveux comme des constellations d’étoiles étaient mon horizon. Voilà, revenu à moi la déesse monde. Ô mon amour, tu m’enchantes ! Tu me protèges et je ne peux pas te décevoir !
Pff, ces maudits oiseaux de malheurs de dévoreurs de désespoir, n’ont qu’à bien se tenir, je suis de retour. Enfin, ils n’allaient pas me laisser partir comme ça. Leur propos pernicieux s’acharnait sur moi, ils arrivèrent presque à me faire douter. Je songeai, Ludie, pitié vient, seule toi de ta lumière peut faire fuir les ténèbres, en échange je te dirais où est Horacétius. Je savais qu’en ajoutant ça, elle viendrait très vite. Une pareille prière ne pouvait pas rester sans réponse, n’est-ce pas ? Elle ne sut me donner tort, les dévoreurs s’enfuirent ni une ni deux devant sa présence lumineuse.
Ludie m’avait décidément pas de temps à perdre, elle me demanda sans détour, « Où est Horacétius ?!
- Pas même un bonjour et le temps de me relever, qu’il faut que tu me poses déjà la question. (Elle me saisit et me remit sur mes deux jambes.)
- Bonjour. Maintenant, où est Horacétius ? Je ne me répéterais pas trois fois.
- Théodore l’a capturé, il s’est sacrifié pour nous permettre de fuir moi et Léandre. (Je la dévisageai, en espérant déchiffrer son expression de visage, mais en vain.)
- C’est toi qu’il aurait dû laisser ! (Elle était furieuse par tristesse.)
- Oui… C’est vrai, il devait penser que Théodore me ferait exécuter… Il ne voulait pas ça, peut-être. Il aurait dû me laisser mourir… Tu peux toujours partir et réparer son erreur. (Elle me prit dans ses bras.)
- Ne dis pas de bêtise, s’il te plait. Je serais venu te sauver, tu sais, même si tu ne m’avais rien promis en échange. (Elle me fit un sourire qui me déchira le cœur avant de continuer.) Je vois que tu te soucies d’Horacétius autant que moi. Alors, affrontons Théodore ensemble, il nous faut le libérer, mais d’abord rentrons au village des Sylvestres. », dit-elle en me tendant la main.
Si nous réussissons notre mission de secours, alors Théodore serait affaibli en récupérant un allié dans notre clan. J’étais allègre.
En rentrant, je vis que Léandre était rayonnant, ses deux amis étaient avec lui. J’avais donc raison, ils s’en étaient tirés ces deux-là. Tant mieux, mon sacrifice avorté n’avait pas été inutile. Grégoire se précipita sur moi et me remercia chaleureusement pour avoir retenu les esprits. C’est moi qui le remerciai plutôt, sa gratitude me touchait. Son ami, Charles lui se contenta d’un signe de la main. Il était plus froid, mais non pas moins reconnaissant.
Ludie me prit par le bras et m’emmena dans un coin isolé, je vis à son visage que c’était encore à propos d’Horacétius. Elle me passa un verre, elle avait dû être allé le chercher, pendant que je recevais les remerciements de Grégoire. Je goûtai la chose, un peu d’alcool pour me servir de baume au cœur.
Elle s’exclama, « Quelle descente !
- Quoi ? Je n’ai bu qu’un verre ! C’est de l’eau presque pour moi. (J’étais surpris de sa réaction.)
- Tu devrais avoir honte de dire de pareil chose. Attends, tu me rends curieuse, on testera jusqu’à où tu considères l’alcool comme de l’eau quand on aura récupéré Horacétius. (J’avais hâte, cela faisait quelque temps que je n’avais pas bu, jusqu’à tomber dans le coma.)
- Quel est le plan ? (Ludie eut un grand sourire.)
- Tu seras l’appât, tu distrairas Théodore et moi, je récupérai mon amour pendant ce temps.
-Très bien, faisons ça. (Elle sembla surprise.)
- Et tu ne me demandes pas comment tu vas survivre ? Je veux dire échapper à Théodore. (Ludie était soucieuse de ma santé, et cela me rendait heureux de savoir que l’on se préoccupait de moi.)
- Ce n’est pas très important, j’improviserais.
-Réveille-toi ! (Elle claqua des doigts.) Écoute. (Elle posa ses mains sur mes épaules.) Horacétius semble t’apprécier pour une raison qui m’échappe alors survis un jour de plus, il serait ennuyé si tu venais à mourir pour le libérer.
- Oui, je ferais de mon mieux. (Je le pensai, oui, je vivrai, oui je m’échapperai. J’avais des gens pour qui je comptais après tout.) Reposons-nous, enfin, moi surtout, une ou deux heures ou tout du moins jusqu’à l’aube cela serait suffisant. Nous partirons ensuite. », dis-je épuisé par cette soirée infernale.
Je rejoignis ma chambre et me jetai sur un lit. Je trouvai le sommeil rapidement même si je m’inquiétai du lendemain. Dans mes rêves les plus noirs ou sans espoirs, je sentais encore les mains glaciales des dévoreurs de désespoirs m’étreindre. J’avais beau avoir survécu, je n’oublierais jamais cette sensation de vide profond, celle qui donne l’impression de ne rien valoir. Pourquoi fallait-il que je rêve de ça ? Ne pourrai-je pas avoir une nuit tranquille ? Ma déesse monde ne veux-tu pas venir me visiter dans mes songes ? Nous pourrions enfin avoir une véritable conversation. Cependant, c’eut été trop beau, les étreintes glaciales me tiraient dans les abîmes. Lâchez-moi, lâchez-moi ! Je ne suis plus sujet au désespoir. Ils me noyaient ces bras me tirant vers mon linceul, je ne voulais pas mourir ! Laissez-moi ! J’ai tant d’heure encore à passer, je ne veux pas encore que la dernière me perce et me soit fatale.
J’entendis alors une voix douce, « Nécronion, il est l’heure de se réveiller. »
Je me relevai brusquement, j’avais presque sauté du lit. Ludie semblait désarçonnais par ma réaction, elle prit un sourire tendre qui me fit comprendre pourquoi Horacétius l’aimait. Elle me prit délicatement la main comme si elle voulait me rassurer.
Elle me demanda, « Tout va bien ?
- Oui, plus ou moins… Non, sans mentir, j’ai rêvé de ces maudits dévoreurs de désespoirs. C’est vil… Pourquoi ne puis-je pas avoir de beau rêve ? C’est trop demander… (Elle me prit dans ses bras pour me consoler.) Je n’ai qu’une hâte rejoindre la déesse monde.
- La déesse monde ? Nul ne l’a jamais vu de quoi parles-tu ? », répondit-elle étonnée en me regardant.
- Rien… Horacétius dit que je poursuis un fantasme. (Elle eut un sourire moqueur, elle le connaissait bien, il semblerait.) Allons le chercher, il se languit sûrement de toi et de liberté. (Ludie me caressait les cheveux avec une expression maternelle, j’avais l’impression d’être un enfant.)
- Oui, nous irons. Théodore, j’espère qu’il ne te massacrera pas. (Elle me paraissait sincèrement inquiète.)
- Ne t’en préoccupe pas… Il me faut lui parler de toute manière. (Je la regardai avec tendresse afin de la rassurer.)
- Très bien, si tu es si sûr de toi. (Elle souffla.)
- Rassure-toi, je reviendrais vivant ! », m’exclamai-je optimiste.
J’étais confiant, peut-être un peu trop. Ludie nous avait téléporté devant le château, autant autrefois il semblait être assez défensif, maintenant il était en rénovation pour un usage bien plus guerrier, un véritable château-fort en somme. Je me demandai bien ce qu’il pouvait bien avoir en tête pour se lancer dans de pareil projet. Je veux dire, la paix entre tous n’avait-elle pas été acquise ? Je marchai vers le pont levis, qui était relevé, il était sûrement tôt et les gardes du pont n’étaient probablement pas encore arrivés. Je hélai les gardes qui étaient sur les murailles, un d’eux pencha la tête par-dessus un créneau.
Il me répondit, « Si vous voulez passer, il vous faut attendre l’arrivée des gardiens du passage. Cela ne devrait plus tarder.
- Dis à ton chef que je viens ici pour parler au roi usurpateur Théodore. », répliquai-je.
- Usurpateur ?! C’est un crime de lèse-majesté que ces propos odieux ! », cria-t-il en colère.
Je fus arrêté avec promptitude, et trainaient devant le roi pour qu’il décide quel châtiment m’infliger. Parfait ! Me voilà face à mon ennemi malheureux. Il avait le visage couvert de cernes, il était blême, il cachait ses deux mains dans des gants, il avait un air sinistre. Il semblerait que le pouvoir l’affectait négativement. Il était au bord du précipice et s’il continuait dans cette direction, il allait tomber. Il nous fallait le sauver, mais lui voulait-il être sauvé ?
Théodore ordonna aux gardes de partir d’un geste de la main. La salle du trône me parut bien vaste une fois la pièce vidée. Tout ce qui avait pu rappeler le règne de Léandre avait été retiré, il ne restait que le trône et une statue qui représentait la paix sous la forme d’un homme qui cherche à unir tout le monde. Drôle d’hommage…
Théodore me dévisagea des pieds à la tête avant de s’exclamer, « Tu veux savoir une bonne nouvelle ?! L’usurpateur va épouser ta mère. (Quel imbécile heureux !)
- Félicitation ! Dois-je commencer à t’appeler beau-père ? », répliquai-je.
- Fais à ta guise… Tu n’es pas venu pour ça, non ? (Il me toisait d’un regard méfiant.)
- Je venais voir ce que tu devenais depuis que tu as assassiné ton meilleur ami pour prendre sa place. Cela dit, je constate à ta pâleur morbide que ça ne va pas tellement. Des remords, Théodore ?
- Bah, j’étais soucieux pour mes histoires de cœurs, cependant depuis que ta mère a accepté de m’épouser, tous mes soucis sont réglés.
- Ben, dis donc beau-papa, je te félicite pour tes épousailles. (Le pire étant que je sois plus vieux que lui.)
- Hum, non, ne m’appelle pas ainsi. Ta mère est charmante et toi, tu es un fils indigne comme elle dit toujours. (Il était prompt à me qualifier de la sorte, tout en semblant oublier que son père disait la même chose de lui.) Elle m’a offert un magnifique cadeau, mon frère dont j’ai raté l’assassinat en le jetant du haut des murailles alors, il me faut lui offrir un cadeau équivalent. Ta mère sera ravie de pouvoir, enfin, se débarrasser de toi.
- Charmant, les réunions de famille ! Beau-papa est un régicide et un fratricide, ma mère veut commettre un filicide. (J’étais d’humeur sarcastique.) Pourquoi donc vouloir tuer ton frère ?
- Je ne l’ai pas encore fait, je n’arrive pas à me décider, le pauvre à une femme et… Et, je le sais Vi me l’a dit quand j’ai posé la question, son épouse attend un enfant. Je ne peux pas, je n’arrive pas à me résoudre à tuer ce pauvre Antonin. (Il pleurait à chaudes larmes, je me rapprochai de lui.) Ne t’approche pas plus !
- Ou sinon ? (J’avais peur de lui, il était de plus en plus imprévisible…)
- Tu vas le payer très cher ! (Il fit un grand geste de la main, je réussis à lui saisir le bras.)
- Tu veux ajouter un autre pêché à ta liste ? Ou alors réussir à vraiment tuer quelqu’un ? (En échappant à mon emprise, un des gants qu’il portait me resta dans la main.)
- Cesse donc de me juger !!! », hurla-t-il en me jetant par terre.
Je remarquai alors que le gant cachait une chose effroyable, sa peau se nécrosait… La seule raison pour laquelle il n’avait pas perdu l’usage de son bras, il la devait à son statut de dieu. Je tremblai de tout mon frêle corps sur le sol, j’avais peur de ce qu’il allait me faire ensuite. Il avait un regard affligé, ce pauvre Théodore, il devait se faire ça à lui-même consciemment ou non, pensais-je. Je voulus lui poser une question, il avait peut-être aussi l’envie de dire quelque chose, mais une femme déboula et le serra dans ses bras au niveau du cou. Il était profondément agacé par ce comportement.
Il s’exclama, « Isabelle ! Je t’ai déjà dit que j’allais me marier inutile d’insister ce ne sera pas avec toi ! (Je m’étais relevé en profitant de cette distraction opportune.)
- Moui, mais tu pourrais me trouver un remplaçant rien que pour moi. (Il fit mine de réfléchir.)
-Eh bien, en voilà un ! Je te présente mon futur beau-fils. Qu’en dis-tu ? », dit-il en me désignant.
Elle se rapprocha de moi, elle semblait m’examiner du regard, non pas comme une simple analyse, mais plutôt comme un inquisiteur qui s’apprêtait à poser des questions ou à faire subir la question1.Cette jeune Isabelle n’était pourtant pas laide, elle était belle, je sais qu’au vu de nom cela sonnait ironique, elle n’aurait aucun mal à en trouver un autre. Pourquoi s’enticher, s’attacher autant à Théodore ? C’était évident, qu’elle voulait se rapprocher de lui, c’est pour cela qu’elle considérait sérieusement l’option d’épouser « son beau-fils ». Moi, par contre, je n’étais pas vraiment d’accord avec ces bêtises, je ne voulais pas épouser une illustre inconnue.
Elle finit par conclure son analyse en disant, « Je le prends, enfin, il va falloir le tester.
- Quels genres de tests ? », demandais-je alarmé.
« Hum, je veux plein d’enfants avec Théodore, enfin, avec toi je veux dire.
- Je ne suis pas Théodore et encore moins un quelconque substitut. Je m’oppose à ça. (Elle se tourna vers le roi.)
- Tu es le roi de tout, si tu ordonnes, il doit obéir, alors fais-le.
- Très bien, j’ordonne votre mariage et que commence la cérémonie. Enfin, on n’a pas le temps pour ces bêtises, voilà vous êtes mariés maintenant. », dit le souverain épuisé.
- Ça va un peu vite pour moi. », répondis-je confus.
« Cesse de geindre, n’est-elle pas charmante ?
-Si elle si charmante, tu n’as qu’à l’épouser toi-même en plus elle a le même âge que toi. (Théodore avait un air de déception si marqué qu’on n’aurait pas pu voir un jour, un aussi bon cas d’étude pour cette expression.)
-Hors de ma vue vous deux ! Vous me fatiguez ! », cria-t-il.
Il mit fin à la conversation d’un geste qui nous chassait de la pièce. Les gardes reçurent pour ordre de nous jeter dehors et de ne plus nous laisser rentrer. Isabelle était tout bonnement furieuse, à raison cela dit, se prendre un rejet de la part de son amoureux et de son remplaçant désigné, ce n’est pas très agréable. Théodore était instable, était-il déjà fou ? Était-ce trop tard ? Peut-être que récupérer mes pouvoirs, de dieu de la mort, pourrait le soulager ? Un humain, ce n’est pas fait pour être un dieu.
Je priai à Ludie pour lui demander de revenir rapidement, la distraction était finie, j’espérais cependant qu’elle avait réussi. En l’attendant, je regardai un peu le paysage, c’était une plaine tout à fait banale, il y avait des champs autour des villages, quelque chose qui serait digne de figurer sur un tableau champêtre. Isabelle pleurait maintenant et je me sentais d’envie à la réconforter.
Je m’assis à côté d’elle et lui demandai, « Pourquoi aimes-tu autant Théodore ?
-Il est beau comme un dieu ! C’est un chevalier et maintenant c’est un roi, il est parfait !
- Ah, j’ai résolu le mystère ! Tu ne l’aimes pas lui en fait, mais seulement l’idée que tu te fais de lui.
- Peut-être bien, mais il ne veut pas me laisser le connaître plus. (Elle avait une mine déconfite et je n’avais qu’une envie, c’était de lui conseiller de fuir.)
- Il ne t’aime pas cesse de le harceler. Cela vaudra mieux pour toi, cette obsession n’est pas saine. Il existe sûrement quelqu’un qui t’aimera à ta juste valeur.
- Probablement… Mais, moi j’aime Théo !
- Tu sais quoi ? Tu veux savoir qu’il est vraiment ? (Elle acquiesça attentive.) Théodore a tué Léandre pour prendre sa place, il est un usurpateur. Il a essayé de tuer son frère ! Ouvre les yeux ! (Elle regarda ailleurs.) Nous… Léandre a survécu, il doit regagner son pouvoir et…
- Vous l’y aidez et vous voulez que je vous rejoigne ? (Je donnai un signe de tête en guise d’approbation.) Très bien, allons-y alors.
- Parfait, il ne reste plus qu’à attendre notre carrosse. », dis-je mystérieux.
Isabelle me regarda étrangement, mais je ne m’en préoccupai plus. Je me demandai ce qui prenait autant de temps à Ludie pour revenir. Je craignais qu’elle se soit fait prendre ou que Horacétius était dans un état si minable qu’elle devait s’occuper de lui priorité, avant de revenir me voir. Ma nouvelle amie, me tendit une fleur, c’était une tulipe. Ça me faisait sourire comme un niais, les cadeaux me rendaient toujours heureux. On m’en faisait si rarement, que chacun d’entre eux était un espoir de plus pour moi dans ce monde. Elle semblait elle aussi fière de me voir si content. Elle avait bon cœur, elle méritait d’être heureuse en amour, cela lui ferait du bien de s’éloigner de Théodore.
Je regardai ma tulipe rouge aux pétales délicats, c’était une belle fleur, je voulais la conserver pour l’éternité, mais tout finis par flétrir. Je m’y connais un peu dans ce domaine. En relevant la tête, j’aperçus alors Ludie, elle avait un air triste, il avait dû se passer quelque chose de terrible.
Je me précipitai vers elle en lui demandant, « Que s’est-il passé ? Comment va Horacétius ?
- Très bien… Théodore va me le payer. (Pas si bien, alors.) Je m’interroge, pourquoi il t’a laissé partir ?
- À l’origine, il voulait m’offrir à ma mère, mais cette jeune femme s’est montrée et maintenant nous sommes mariés. (Ludie me regardait médusée, Isabelle s’était rapprochée de nous deux.)
- C’est la vérité… C’est un concours de circonstances. », lança-t-elle à la déesse.
« N’importe… Rentrons et célébrons le retour de Horacétius qui plus est tu avais promis de me montrer ta descente d’alcool. », dit-elle en souriant guillerette.
Elle nous ramena au village sylvestre. J’aperçus mon cher magicien et je me jetai dans ses bras tant j’étais ravi de le revoir. Il me rendit mon étreinte d’une façon si paternelle, que j’en fus ravi. Il m’avait l’air abattu, des heures sombres, il avait dû passer en ce lieu. Je relevai la tête et je m'aperçus que la nuit commençait à venir.
Il me rassura, « Je vais bien… Voir le visage de Ludie et ton inquiétude me redonne le sourire.
- Cependant… »
Je fus interrompu par Ludie qui ramenait des pintes de bières en disant, « Tu as promis que tu me montrerais que l’alcool n’est que de l’eau pour toi.
- Très bien, donne-moi s’en une ! », m’exclamai-je.
Je joignis la parole au geste et la vidai comme un verre d’eau devant les yeux médusés de Ludie. J’engloutis la seconde pareillement.
Horacétius réagit en conséquence, « N’oublie pas tu es humain, maintenant. Ça serait bête de te ruiner la santé. (C’était un tel vieux sage parfois.)
- C’est vrai. Je ne m’enivrerais pas. », dis-je afin de le rassurer.
Je partis me servir une nouvelle pinte, je prenais cependant mon temps pour la boire cette fois-là. Je voulais en savourer le goût. Léandre vint s’assoir à côté de moi, ses yeux vert émeraude s’étaient à nouveaux ranimés de leur joie passée.
Il prit un air soucieux et grave avant de dire, « Théodore, comment va-t-il ?
- Il va se marier avec ma mère. (Il ricana.) Autrement, il semble se porter comme un charme, il a essayé de tuer son frère… Enfin, d’après lui-même en tout cas. », répondis-je lassé.
« Il a perdu sa route. (Je dirais plutôt qu’il avait trouvé sa voie.) J’ai échoué, j’ai été un mauvais roi…
- Je t’arrête tout de suite, tu n’es pas responsable de tout. Il a fait ses choix et je crains que tu n’aurais rien pu y changer.
- J’aurais dû le voir venir au moins, tous sont en périls à cause de moi. (Il paraissait retenir ses larmes.)
- Écoute, tu as peut-être commis une erreur, mais qui n’en a pas commises. J’en ai fait des tas et d’ailleurs si je n’avais pas perdu mon statut divin, il n’aurait jamais pu se rêver roi. Je suis désolé, j’ai ruiné ta vie.
- Il nous faut régler cette affaire là-bas. (Il avait mis sa main sur le pommeau de son épée et indiquait les profondeurs des bois. Je compris là où il voulait en venir.)
- Très bien. Je te rejoins plus tard. », dis-je heureux.
Je ne savais pas me battre, j’étais condamné à mourir. C’était sans importances, on ne m’appellerait pas lâche, alors j’irais même si c’était plus de la témérité que du courage. Ce n’était pas grave, encore une fois. Je bus toute ma pinte et j’empruntais alors l’épée de Grégoire. Son propriétaire ne m’avait fait aucune question, il sentait sûrement qu’il se tramait quelque chose qui ne le concernait pas. Son arme n’était pas richement décorée, mais elle me sembla être de bonne facture. Elle ne serait pas brisée aisément, je ferais au moins honneur à Léandre jusqu’au bout.
Je le rejoignis, il avait trouvé une petite clairière où s’installer, je la reconnus comme celle où les dévoreurs de désespoir m’avaient attaqué. Cela me ramenait de mauvais souvenirs. Léandre avait un regard doux, j’en venais à me demander s’il était même possible qu’il ne soit ne serait-ce qu’assombri par la haine. En temps normal, il aurait fallu des témoins pour rapporter le fait que le duel fût bien remporté à la loyale, mais il n’était pas question d’honneur, il était question de vengeance.
Je n’avais jamais été un guerrier, j’avais toujours compté sur mes pouvoirs divins pour me protéger, pourtant je réussis à parer quelques coups et à en esquiver certain. Seulement, il était plus habile que moi et il réussit à me toucher à de nombreuses reprises. Cependant, ce n’était que des blessures superficielles, il voulait sûrement faire durer son plaisir. Je vis du coin de l’œil, les dévoreurs du désespoir, ils attendaient leurs proies. Ils espéraient au fond d’eux qu’un de nous flanche.
Ils murmuraient, « Nécronion, tu ne nous échapperas pas cette fois. »
Ça me déstabilisa et je me retrouvai avec la lame de Léandre posait sur ma gorge. C’était la fin, il me fit juste une coupure au menton. J’en fus étonné.
Il me lança, « On est quitte.
- Je croyais que…
- Tu te défendais à peine, je te ferai grâce en te tuant. Tu répondras de tes crimes en nous aidant à réparer tes erreurs. (Je compris pourquoi c’était lui le roi et pas un autre.)
- Très bien… J’accepte ta générosité avec plaisir.
- C’est trop injuste ! », s’exclama une petite voix.
On se retourna vers elle, c’était un de ses monstres qui m’épiaient au cours de ce duel. Je fus surpris de voir une de ces créatures parlait seule, elles m’avaient toujours semblé être faites d’un seul et même esprit.
Elle continua ses propos, « Nécronion, tu es à nous ! Nous avons commencé à te dévorer, ton âme est à nous !
- Non ! Je ne laisserais jamais plus le désespoir me consumer ! (C’était vrai, mais ça sonnait un peu comme de la bravade2.)
- Très bien, alors nous échangerons ta vie contre une autre. », dit-elle cruelle.
Je me retournai vers Léandre et je vis que les dévoreurs de désespoir s’étaient déjà jetés sur lui. Ses yeux regardaient sans voir, c’était comme mourir, ça me terrifiait. J’étais sidéré, aussi utile qu’une horloge cassée.
La créature toucha mon épaule de sa main gelée et me murmura, « Tout est ta faute, ton égoïsme va le tuer. (Non ! Il devait vivre pour réclamer son trône.)
- Laisse-le… Je sais que c’est un espoir vain que même si j’avais accepté de me sacrifier, vous l’auriez tout de même mangé. Cependant, je vous en supplie ne le faites pas, il est le seul espoir de ce monde.
- Alors, enfin, nous pourrons nous répandre dans les villes et en dévoraient tous les habitants. (Je la poussais plus par réflexe que pas volonté.)
- Je ne vous laisserais pas faire ! (Les créatures ricanèrent, elles se remirent à agir et parler en synchrone.)
- Comment donc ? Tu n’as plus aucun pouvoir ! », hurlaient-elles moqueuse.
« Tu crois en avoir beaucoup ! Tu n’en as plus aucun sur moi ! Tu n’as de forces que sur les désespérés, mais je sais une chose qui me remplit d’espoir, c’est le fait que je ne serais jamais aussi misérable que toi.
- Vous, les humains, vous êtes des voleurs ! Vous avez refusé de me ramener à mes parents ! (Je ne compris pas bien, puis je réalisai que ce n’était qu’une enfant en fait. Un être qui avait été maudit ou qui s’était maudit.)
- Viens, je t’aiderais… (Je lui tendis ma main.) On retrouvera tes parents tous les deux.
- Je te fais confiance. », dit-elle avec timidité.
Elle vint se blottir contre moi, je remarquai alors qu’il ne restait plus qu’une enfant, les autres monstres avaient disparu. Ils n’étaient que ses créations, des êtres nés de son désespoir, c’est pour cela qu’il ne parlait que d’une seule voix. Ils n’étaient qu’un.
Ces esprits, cela faisait des millénaires qu’ils hantaient ces bois, cette gamine avait dû perdre ses parents définitivement désormais. Tant pis, je la prends sous mon aile, ces créatures ne devraient plus avoir à réapparaître. Léandre se remit tant bien que mal de cette attaque. Il me regarda moi puis l’enfant d’un air étonné.
La fillette s’approcha de lui et articula, « Je suis désolée… Je vous ai fait du mal.
- Je vous excuse… Nécronion que vas-tu faire avec cette gamine ? », me demanda-t-il.
« Il va m’aider à retrouver mes parents. (Elle s’épongea les yeux avec son poing.) Ils sont sûrement morts depuis longtemps… Nécronion est le dieu de la mort, il m’aidera, il les ranimera, non ? »
Je balbutiai, « Mais, je ne suis plus le dieu de la mort, je ne suis qu’un humain. Je… On te trouvera une famille, elle ne remplacera jamais l’ancienne, mais elle t’aimera, j’en suis sûr.
- Merci, laisse-moi t’offrir un cadeau. Mes pouvoirs m’empêchent de mourir et de vieillir, alors, je te les donne, ils te seront utiles. », dit-elle avec gentillesse avant de disparaître.
Je sentis que quelque chose avait changé en moi, je pouvais sentir le désespoir en toutes choses et Léandre était un puit d’extraction dans le domaine. Je me demandai même comment il arrivait encore à prétendre que tout allait bien. Je m’interrogeai, comment était-il, comment n’avait-il pas commis… Comment était-il encore en vie ? Nous avions bien de la chance qu’il n’est rien fait de regrettable. Il fallait le soutenir à tout prix sinon nous pourrions le perdre. Il me regardait étrangement et je n’aimais pas ça. Il était dévoré ou préoccupé par quelque chose, et je crois que cela me concernait.
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
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