Narrateur : Charles
J’étais parti du château de Léandre vers les Terres Du Nord pour rencontrer les chevaliers qu’ils étaient prêts à nous donner. Enfin à nous donner… C’était grandement exagéré, ils étaient prêts à nous en concéder un. Mon bon allié avait été surpris que je me sois proposé pour aller le chercher, rien de surprenant là-dedans, ça me donnait une excuse pour enfin faire quelque chose d’utile et qu’on me lâche la grappe. Je ne savais pas où se trouver le château du souverain de ces lieux, à vrai dire, il déplaçait souvent sa cours, et je n’avais pas pris d’escortes ou de guides n’en n’ayant pas voulu, ils n’avaient pas insisté, ils connaissaient ma froideur, ils savaient que la pitié, je ne connaissais pas et que je les aurais chassés, s’ils avaient osé me contrarier.
Sur mon chemin de solitude et d’errance, je croisais une famille de paysans alors je leur demandai ma route, il pourrait au moins m’indiquer la ville la plus proche ou là où résidait leur seigneur. À la place, ils me confièrent leurs plus jeunes fils en me disant qu’il était certes un peu simplet, mais qu’il connaissait toutes les routes du pays. Je me méfiais un peu, tout de même, disons que la révolte paysanne de mon enfance m’avait marqué aux fers blancs. Cependant, c’était cela ou errer au hasard. Je pris donc la compagnie du jeune paysan qui me servira de guide. Une petite tête blonde, qui se tenait devant, et qui sautillait gaiment tout en me guidant sur la route. Il ne m’avait pas tellement fait de question, il m’avait simplement demandé ma destination et était parti avec moi, comme s’il me faisait confiance et pour un adulte, qui était une masse de muscle à faire rougir de honte à Hercule, je le trouvais plutôt confiant. Enfin, j’étais tout maigrelet moi, il me casserait en deux, s’il le voulait. Il n’avait rien à craindre de ma personne, mais tout de même.
Je lui demandai, afin de tuer le temps, « Quel est ton nom ? »
Il me répondit tout enthousiaste, « Je suis Grégoire !
- Bien, si tu réussis à me mener là-bas sans embûches, je te donnerais deux-trois sous.
- Mon seigneur est généreux. (Il le disait avec un sourire nigaud, je commençais à comprendre les parents.)
- Ce n’est pas non plus comme si je manquais d’argent ! (J’avais prononcé ça sur le ton de la plaisanterie avant de redevenir sérieux.) Enfin, je ne suis pas aveugle non plus, je sais que vous ferez beaucoup pour l’argent que vous n’avez pas. (Il n’avait rien demandé avant que je n’en fasse la proposition et cela m’inquiétait, il avait sûrement une idée derrière la tête.)
- Je ne suis pas avide, je me contente de peu. (Il eut l’air vexé parce que je venais de sous-entendre.) Cependant, j’aimerais pouvoir me nourrir en vivant seulement de promenade. »
Il lui donnait un tel air ingénu, que je me demandais s’il était sincère ou un excellent acteur. Si je voulais découvrir ses objectifs réels, il me fallait me montrer un peu plus finaud. Je me méfiais, peut-être à tort, peut-être que par probité, il avait simplement eu honte de me demander un salaire. J’étais divisé entre deux opinions. Grégoire me regardait un peu étrangement, l’air de se demander pourquoi je ne répondais pas.
Je dis un peu amusé par ses propos, « J’entends… Je comprends pourquoi votre famille m’avait dit que vous étiez un simplet, quoique j’aurais plutôt tendance à dire optimiste et rêveur. (Je le pensais, s’il était honnête dans ses paroles.)
- … Je ne suis pas… Laissez tomber, je vous mènerais là-bas. »
Il avait eu l’air vexé par notre petit échange. Grégoire avait cessé de sautiller, et marchait comme un nostalgique en mal de la vie. Tant et si bien qu’il n’y eut pas d’autres conversations entre nous jusqu’à l’attaque des bandits. Nous arrivions dans cette dite forêt, lorsque des manants de la pire espèces, nous attaquèrent. Ils sortirent du côté du bois, alors que nous arrivions face aux premiers arbres, cela effraya mon cheval et me fit tomber à terre. Je chutais de telle sorte à ce que je me brisai une cheville. Je ne pus plus me relever et uniquement contempler les évènements. Mon compagnon de voyage, jouait des poings, contre eux, il aurait pu s’enfuir pourtant, et cela me prouvait que non seulement, il n’était pas de leur côté et qu’il ne m’avait pas attiré ici dans l’objectif d’une embuscade, mais qu’en plus de cela, il avait un grand courage. Il prit un coup d’épée dans le bras, en la bloquant pour protéger sa poitrine, bien qu’il fût fort, il ne pouvait rien contre quatre hommes armés jusqu’aux dents, malgré la surprenante pugnacité de Grégoire, il n’en fallut pas longs temps avant qu’ils nous détroussent, ils le firent après l’avoir assommé du plat d’une de leurs lames. Lorsqu’un de ses bandits s’approcha de moi, pour me prendre mon cheval et ce qu’il transportait. J’essayai de me défendre avec mon épée, mais en ne pouvant pas me relever sur mes deux jambes, je n’eus pour seul succès que de me prendre un coup de poing dans la tête qui me brisa le nez et qui me laissa un peu sonner.
Une fois un peu remis, je rampais vers Grégoire afin de vérifier s’il allait bien. Il avait pris un sacré coups, mais il était en meilleur état que moi qui ne pouvais plus marcher. Enfin, il avait un bras qui saignait, cependant, c’était le seul qui pouvait encore tenir debout, il pouvait partir et me laisser mourir là. La pensée me dévorait, m’effrayait, et me consumait de l’intérieur. Pitié, ne m’abandonne pas ! Je sais que tu n’as plus aucun intérêt à m’aider, mais ne me laisse pas ! Il finit par reprendre connaissance, quand je lui fis signe que je n’arrivais pas à me relever, il me remit sur mes jambes et à cause de ma cheville, il dût me soutenir sur ses épaules. Je fus surpris par cela, j’avais pensé qu’il m’aurait abandonné. J’ai osé penser ça…
Il me proposa alors, « Je crois que si on ne trouve pas un moyen de te soigner, on va avoir des problèmes… (Quelle évidence !) Je crois qu’on devrait se diriger vers un village.
- Oui… En connais-tu un pas trop loin ? », répondis-je troublé par sa gentillesse.
- Bien sûr, j’en connais même un avec une sorcière qui pourra soigner votre jambe. »
Nous nous mîmes donc en route vers ce fameux bourg. Tout en espérant que nous ne fassions aucune autre mauvaise rencontres en cours de routes. Grégoire, tu es un saint, tu me portes à la force de tes bras, j’ai l’impression d’être une croix qu’un martyr porterait vers le lieu de son supplice, et que celui-ci était le village. Tu me redonnes un peu foi en l’humanité, merci.
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
Du même auteur...
Commentaires (0)
Cette image n'a pas encore reçu de commentaires.
Poster un commentaire
Vous devez être inscrit et connecté pour poster un commentaire.