Narrateur : Antonin

Je m’étais éclipsé à vitesse éclair, je me sentais bête, j’avais tremblé pour rien. J’espérais ne pas avoir déçus la confiance de Léandre. J’avais trente ans s’il vous plait, j’avais passé l’âge de trembler devant quelqu’un de vingt-sept ans, sans rire, on avait fêté son anniversaire, il y a trois jours. Les campagnes avaient été en liesse, après tout cela faisait un an de règne, et il avait tant fait, il avait créé une telle paix que nulle récolte n’avait été ravagée depuis bien des mois, et les paysans en avaient été contents. Je dois admettre qu’il avait une grande âme et un grand talent pour gouverner, il avait mérité tous ces hommages. J’aurais bien aimé être aussi courageux que lui, mais j’avais trop de peur pour pouvoir ne serait-ce que les surmonter.

Je m’étais rendu dans ma chambre, afin de préparer le nécessaire pour voyager, je devais lui faire honneur, je ne pouvais pas faire autrement. Je ne savais pas qu’emporter avec moi pour cette mission diplomatique, je n’avais pas envie d’emmener avec moi mon armure de métal, je détestais la porter. Elle me rappelait trop mon échec à être un guerrier digne de mon père Aster. Je me contenterais d’une armure en cuire, cela suffirait bien. Je cherchais des vêtements corrects à emporter, le Conseil Des Trois étaient connus pour son élégance et je ne pouvais pas me permettre de lui faire honte.

Je paniquai, car je ne pensais pas mériter une mission aussi importante. Je devais sûrement être un choix de dernière minute, on n’avait pu penser à moi en premier. Je suis un tel incapable. J’entendis alors toquer à la porte, je pensais qu’on venait m’annoncer qu’ils avaient trouvé quelqu’un pour me remplacer et cela me réjouissait. J’ouvris et je fus choqué de voir que c’était Alexandre derrière la porte. Je ne l’avais pas remarquée tout à l’heure, mais il me semblait épuisé.

Je laissai échapper, « Tout va bien ? Non, enfin, je ne voulais pas dire ça.

- Premièrement, je pourrais vous retourner la question, deuxièmement vous ne vouliez pas me demander si je vais bien ? Ce n’est pas gentil… (Il me regardait les bras croisés comme si j’étais un fou.)

- Je ne voulais pas avoir l’air malpoli en sous-entendant que vous alliez mal. », répondis-je paniqué.

« Maintenant, C’est fait ! (Je regardai le sol honteux.) Ne fais pas cette tête, je ne suis pas blessé pour si peu. », dit-il gentiment.

Il me semblait sincère, je repris alors un peu contenance. Je contemplai un peu plus sa figure, j’étais un gringalet comparé à lui. C’était une montagne, alors que moi à côté, j’étais un cure-dent, cependant cela se voyait qu’il avait atteint le crépuscule de sa vie. Même si je pouvais voir que ses cheveux avaient autrefois été blonds, la couleur s’était perdue, il ne restait plus que du gris et du blond délavé. Je remarquai alors qu’il avait posé sa main sur la table et qu’il semblait se reposer sur celle-ci.

Il me demanda, « Pourquoi me regardes-tu de la sorte ?

- Vous m’avez l’air d’aller mal ! (Je m’étais lancé dans le bain autant continuer.) Vous êtes abattus, vous vous tenez même à la table pour ne pas tomber !

- Et vous qui disiez ne pas vouloir m’offenser… Je suis simplement vieux et je n’ai pas besoin de me tenir à cette table. »

Alexandre retira la main du meuble, mais il me sembla plus pâle qu’un linge.

Je m’enquis, « Pourquoi êtes-vous venu ?

- Pour m’assurer que vous êtes prêts mentalement pour cette mission diplomatique. », répondis-Alexandre.

« Et vous pensez que je ne suis pas prêt ? (Je l’avais dit comme si j’étais offensé, alors que je ne voulais pas de cette quête ; je ne comprenais pas ma propre réaction.)

- Disons que votre réaction a alarmé, moi et Léandre. Je venais donc aux nouvelles. (Il essayait de me rassurer avec son expression toute en tendresse.)

- J’avais seulement l’impression d’être convoqué pour des remontrances et je ne pensais pas être digne d’une pareille mission. », me confessai-je.

Je versai des larmes malgré moi, c’était nerveux. J’avais honte, je connaissais la réputation de ce seigneur de guerre et je me sentais minable en face de quelqu’un d’aussi fort. Il me prit alors dans ses bras, je pouvais sentir son souffle rauque, il n’allait pas bien. Le pauvre…

Il me dit tendrement, « Tu me rappelles un de mes fils. Il faut prendre confiance, jeune homme.

- Si vous les traitez aussi bien que vous le faites avec moi, alors ils sont chanceux. (Cela me rassurait de voir, que tout le monde ne traitait pas aussi mal ses enfants que mon père.)

- Tu sais, permets-moi de te tutoyer. (J’acquiesçais en signe d’accord.) Je pense que tu te sous-estimes, tu es plutôt observateur. Ma santé n’est plus autant de fers qu’avant. Ça je veux bien le reconnaître. (Je n’eus pas le temps de répondre.) Je vais t’aider à préparer le nécessaire pour ton voyage. Je les connais bien, je sais ce qu’ils aiment.

- Merci… »

J’essuyais alors mes larmes, il me conseilla alors sur le comportement à adopter, les tenus à emporter et tout le tralala. Quand nous eûmes fini, il glissa et s’écorcha le genou. J’utilisai alors ma magie pour le soigner.

Il me remercia et s’exclama, « Je ne savais pas que vous utilisiez la magie ! »

Je répondis, « Eh bien, je connaissais deux-trois formules par-ci par-là, mais je n’avais jamais pu m’y consacrer avant. Horacétius s’est peut-être moqué de moi quand je lui ai demandé de l’aide, mais j’ai refusé d’abandonner et c’est Miel1 qui m’apprend maintenant.

- Accroche-toi à ton rêve, tu le mérites. », s’exclama-t-il enthousiaste.

Je me sentais heureux et encouragé pour une fois dans ma vie. On avait toujours pensé que je n’avais pas de talent, que j’étais une honte pour tous et que je ne ferais jamais rien. Mais, vous savez quoi, je voulais bien y croire pour une fois. Je partis donc vers ma mission le cœur léger.

Il n’en est que j’essayai d’aligner les connaissances que je possédais sur le Conseil Des Trois. Il était composé de deux royaumes et une sorte de république. Pour vous expliquer la chose, cette république suivait un fonctionnement étrange, en effet, à la mort du dirigeant, on dressait une liste de candidat parmi ceux qui s’étaient proposés, puis les habitants votaient pour élire le nouveau chef qui restèrent en place jusqu’à sa mort. Je trouvais le fonctionnement de ce territoire un peu étrange. Les deux autres étaient de petits royaumes qui avaient longtemps étaient sujets à des protectorats divers avant d’acquérir une indépendance définitive.

Ils s’étaient associés pour ne pas être dévorés par des royaumes plus grands. Depuis, ce temps ils se réunissaient chaque année au mois de janvier dans ce qu’ils appelaient le Conseil Des Trois afin de se mettre d’accords sur la politique à suivre, les clauses de leur alliance, et leurs actions communes. Il me faudrait convaincre trois États et ça ne serait pas simple.



Ma fidèle jument, Eclipse était avec moi pour faire ce trajet de plus d’une semaine. Je l’avais nommé ainsi, car elle avait une marque ou une cicatrice sur son poitrail, qui ressemblait au soleil masqué par la lune. Le parcours ne fut pas semé d’embûches, mais ce fut long, les routes étaient clairement délimitées, j’y croisai de temps en temps quelques paysans qui menait leur récolte en ville, ou se rendait à leur champ. Bon, je n’aurais pas aimé croiser des brigands pour autant, avec mes compétences, ils m’auraient sûrement tué ou dépouillé. Enfin, depuis que Léandre avait pris dans son alliance quasiment tous les royaumes, il n’y avait plus de guerres, la plupart avaient aussi noués des liens entre eux. Ainsi, ils livraient une guerre féroce aux criminels plutôt qu’entre eux.

Après, sept jours de voyage, j’arrivai bientôt au lieu de la réunion qui se trouvait à la frontière des trois royaumes pour plus de neutralités.

Ils avaient installé leur lieu de conversation dans un palais immense à l’architecture complexe, ils devaient sûrement utiliser ce lieu pour montrer l’étendue de leurs puissances et savoir-faire. Il y avait des colonnes, des statues, des grandes fenêtres et toutes sortes d’ouvrages d’arts. Je me sentais écrasé par ce monstre de bâtiment. Quand je déclinai mon identité avec les preuves nécessaires pour l’attester, j’eus le droit de rentrer. L’intérieur était encore plus riche que l’extérieur et je me sentais écrasé d’autant plus. On voyait les divinités de tout le panthéon actuel sauf Nécronion, le dieu omis de tous, celui de la mort. Le reste était des tapisseries qui représentaient la déesse Ludie qui illuminait le monde de sa lumière salvatrice.

Un serviteur me conduisit à ma chambre. Elle était magnifique, une cheminée sculptée de feuilles d’acanthes, surmontée d’un tableau qui représentait un émissaire qui parlait à un roi, un étrange rappel à ma condition. Une fois que mon guide fut parti, mon premier réflexe fut de me vautrer dans le lit. Il était large, long et moelleux, mais je faisais des exagérations. Je pourrais presque me rouler dans les draps, mais je songeais alors que j’avais trente-et-un ans et que ce n’était pas une façon de bien se comporter. Tant pis, je le fis tout de même, après tout, j’étais seul. J’avais défait le lit en m’enroulant dans cette douceur digne d’un nuage, enfin, je supposais que les nuages étaient tendres, et doux.

Lorsque j’entendis une voix, « Que faites-vous là-dessous ? »

J'émergeai des couvertures et répondit, « Je teste le lit. (Je me redressai et m’assit sur le bord de la literie.) Qui êtes-vous et que venez-vous faire ici ?

- Je suis Eléonore et je suis ici pour vous guider dans votre visite complète du palais diplomatique.

- Vous auriez pu au moins frapper, j’aurais pu être en train de me changer. (Je faisais la moue, gêné.)

- Je suis sûr qu’un homme comme vous n’a pas honte de son corps. (Elle avait un sourire qui me mettait mal à l’aise.)

- Certes… Mais ce n’est pas une raison… (J’avais totalement honte de mon physique et même si ce ne fut pas le cas, ça ne changeait rien à mon avis.)

- Je ne regrette rien, c’est la première fois que je surprends un homme roulé dans ses draps comme un enfant. Cela change des déshabillages que j’ai surpris. (Sans honte et sans vergogne, tout mon contraire.)

- Je suppose que vous venez me chercher pour me faire visiter les lieux. (Revenons au point original.)

-Exactement…Puis-je vous recommander de vous vêtir d’une tenue plus correcte ? (Elle avait une expression de tyran en disant ça.)

- Sortez, s’il vous plait, je vous rejoindrais dehors. », ordonnais-je avec gentillesse.

Elle quitta la pièce, je pris ce qui me semblait être le plus correct dans mon coffre. Ça ne me faisait pas de mal d’ailleurs, de changer de vêtements, les précédents, étaient couverts de transpirations avec les affres du voyage. Je pensai donc aux derniers évènements en m’habillant. Ma guide était plutôt frêle en y songeant bien, plus que moi d’ailleurs et je n’étais pas un modèle d’épaisseurs. Il y avait aussi chez elle comme une intention cachée, elle me voulait quelque chose et cela devait peut-être à voir avec le Conseil Des Trois. Il me fallait mieux comprendre, la dynamique de ce trio d’État, si je voulais réussir ma mission.

En me regardant dans le miroir décoré de feuilles d’acanthes, je trouvais que j’avais des aires de beau prince, premièrement parce que j’étais prince, deuxièmement parce que cette tenue me mettait un peu en valeur. Je pus donc rejoindre ma guide.

Eléonore avait un mauvais sourire qui ne m’inspirait pas confiance. Elle avait les cheveux très longs qu’elle faisait tenir en tresse en forme de couronne qu’elle avait sertie de fleurs en diamant, elle n’était sûrement pas n’importe qui. Elle portait une robe bleue royale cousue avec des fils d’ors qui formaient des roses sur les manches, c’était d’un grand luxe. Elle me cachait une chose, c’était certain.

Elle eut un sourire mesquin avant de s’exclamer, « Que regardes-tu ?!

- Rien, votre tenue est digne d’une princesse. (Je réalisai ensuite qu’elle avait utilisé un pronom bien trop familier, un fameux tu.) Si vous pouviez éviter de me tutoyer en public, s’il vous plait.

- Si j’étais une princesse, vous pourriez m’épouser pour créer une alliance avec mon royaume. (Si ? La phrase pouvait bien s’en passer, elle était une princesse ça j’en étais sûr.) Mon père en serait ravi, il tient à me marier.

- Et moi, non. (Euh… Attendez, ça pourrait être mal interprété ça.) Je n’y suis cependant pas hostile, il me faut y réfléchir. », conclus-je en essayant de rattraper mon impair.

J’avançai un peu plus loin vers les escaliers desquels je venais tout à l’heure.

Elle me demanda, « Mais où allez-vous ?

- N’avez-vous pas dit, visite ? », répondis-je moqueur.

« Oui, bien sûr… Veuillez me suivre. »

Eléonore prit donc le devant, et me mena parmi les marches et les couloirs du château jusqu’à la salle de bal. Eléonore m’expliqua donc que pour l’ouverture des négociations, ils organiseraient un bal demain soir et que j’étais convié. Les lieux étaient éclairés par de grandes fenêtres, la pièce était de formes circulaires avec des chandeliers tous installés en suivant des motifs géométriques, ils formaient des séries de cercles au plafond. Le parquet était en un bois noir, et malgré sa propreté apparente, je pouvais voir les marques des zones où les danseurs étaient le plus passés. Cette salle devait souvent être utilisée pour diverses fête.

Eléonore me demanda alors, « Savez-vous danser ?

- Non, enfin, je suis maladroit. », répondis-je embarrassé.

« Alors, il serait bon de vous entrainer pour demain soir. », dit-elle avec gentillesse.

Elle me tendit alors la main, je la saisis avec délicatesse. Eléonore était une danseuse agile, je n’eus pour seul succès que de lui marcher sur le pied. Je finis pourtant par m’en sortir avec ses encouragements et conseils. J’étais content de moi, et d’avoir passé un si bon moment en une si belle compagnie.

Elle me mena ensuite dans le jardin, le temps commençait à se couvrir, mais elle tenait à m’expliquer l’importance de ces fleurs pour les trois États. Celles-ci symbolisaient la paix. Toutes les fleurs étaient blanches et étaient de plusieurs sortes : des narcisses, des tulipes de blancheur, des roses toutes aussi pâles, des marguerites dans des parterres poussaient vers le ciel pour élever leurs pétales laiteux avec insolence vers le soleil. Ce jardin était un monochrome de la couleur de la pureté comme si toutes les teintes avaient été bannies excepté celles des tiges des fleurs. Cela me semblait plus être un symbole du pur que de paix.

Le ciel se couvrait de plus en plus, et je voulus rentrer, mais Eléonore souhaitait rester dans le jardin et je ne me sentais pas de la contrarier.

Quelques gouttes commençaient à tomber, et je lui fis signe en disant, « Je crois qu’on devrait rentrer.

- Non, je pense qu’on devrait rester là. À moins que tu aies peur de la bruine2 ? », demanda-t-elle malicieuse.

« Non, seulement il pourrait pleuvoir plus. », murmurais-je inquiet.

Cela la fit rire, d’un rire cristallin. Sur les pétales blancs se dessinaient des gouttes et je m’abritais sous le pas de la porte. Eléonore semblait contempler les fleurs rendues brillantes par la pluie et le soleil. Je la trouvai belle, en cet instant. L’orage finit par éclater, cela me rappelait des très mauvais souvenirs. Quand j’étais enfant, enfin, un adolescent âgé de treize ans, j’avais peur de la foudre. Alors, on eut pour idée, enfin surtout mon père en fait, de me laisser sous une pluie orageuse dans la cour du château et de répéter l’expérience jusqu’à ce que je ne la craigne plus. Que de jours d’orages à grelotter sous la pluie et enfin de compte je n’avais jamais vraiment vaincu ma peur de l’orage, je faisais seulement semblant. Il est qu’aujourd’hui je ne le craignais que pour ce qu’il m’évoquait. Cependant, je ne voulais pas perdre la face, alors j’essayai de me tenir tranquille.

Eléonore me rejoignit sous le pas de la porte, elle était trempée, elle se blottit contre moi et je n’osais pas la repousser. J’étais bien plus préoccupé par l’orage que par son rapprochement. Il était difficile d’ignorer la foudre et le tonnerre tant ils battaient fort comme une armée de tambours. Je me disais que peut-être à l’intérieur, on l’entendrait moins.

Elle finit par me dire, « Les éclairs ne sont-ils pas magnifiques ?

- Pas vraiment, ils ne m’évoquent pas de bons souvenirs. », répondis-je vaguement.

« Dommage… (Elle marqua une courte pause avant de continuer.) Que vous est-il arrivé pour ne pas aimer l’orage ?

- Rien qui ne vous concerne. Rentrons. », dis-je en me relevant.

Je retournai à l’intérieur, rapidement suivi par Eléonore. Un valet nous transmis alors que le repas était dans une heure et qu’on nous ferait chercher dans nos chambres à l’heure prévue. Je n’eus pas le temps de parler à mon accompagnatrice qu’elle était déjà partie. Je me rendis donc dans la pièce qui m’avait été allouée. Je pouvais voir la pluie par la fenêtre, elle était battante, j’espérais que l’orage ne durerait pas, car je ne pouvais plus supporter l’écho de ses terribles souvenirs. Par chance, je n’étais ni trempé, ni sale, alors je n’eus pas besoin de me changer.

J’essayai de réfléchir à ce qu’il fallait que je fasse demain, en effet, la première table ronde était demain et il me fallait être malin. Le bal me semblait être aussi une bonne occasion d’en apprendre plus sur mes intermédiaires. J’essayai de discipliner mes cheveux, cela faisait quelques mois que je ne les avais pas coupés et ils formaient des épis. Il me faudrait bientôt me résoudre à les tailler, je n’étais pas dans la discipline, si je ne le faisais pas. Cela dit, rien ne m’y obligeait plus maintenant, je décidai donc de prendre ma liberté. Prends ça papa !

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 29 Nov 2025 à 09h26
La suite de la mauvaise affaire.

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