Narrateur : Théodore
Horacétius et Nécronion toujours vivants, on peut dire que même en étant un dieu, je ne réussissais pas mes entreprises. Enfin, toutes n’étaient pas des échecs, Vi m’avait trouvé charmant et moi aussi je la trouvais parfaite. Ses boucles brunes qui tombaient sur ses épaules dénudées me plaisent à l’extase, ses yeux marron délicats, qui me dominait avec aisance et jouissance, me ravissait. Ses lèvres étaient à croquer, j’avais bien trop envie d’y goûter et elle m’avait autorisé une fois à le faire. Cela me rendait gourmand, je voulais plus et plus, mais je savais me contenir. Enfin, peut-être pas finalement, je lui fis les plus belles avances de ma passion, lui exprimait mon transport, par des bouquets et de belles paroles, qui n’étaient pas en l’air et l’amour fut donc vite consommé. À la suite de cela, je songeai ce que je devais faire ensuite. J’étais couché dans le lit, serrant dans mes bras Vitae.
Je contemplai le plafond décoré d’étoiles, en étant soucieux, en effet, il y a deux semaines j’avais reçu un message de mon frère Bohort, dans lequel il m’expliquait que notre père Aster était gravement malade et que je devrais lui rendre visite. Antonin, mon frère, m’avait dit au moment où nous l’avions reçu qu’il n’irait pas, cet homme n’était plus son père, le jour où il l’avait rejeté, tel était ses mots. Pourtant, moi, j’hésitai à m’y rendre, j’avais des affaires à régler avec lui.
Vi finit par me dire, « Par quoi es-tu préoccupé ?
- Mon père est malade, il me faut le visiter. Seulement, même si mon frère réclame ma présence, mon père me hait et je le hais tout autant. (Elle me regardait interloqué.) Je ne suis que le benjamin, et il n’avait pas de plan pour moi, je suis celui de trop. Cela dit, Antonin, le cadet, mon frère lui aussi l’a déçu, d’ailleurs il ne veut même pas le visiter. (J’étais en colère contre cette abrutie qui me servait de parent.) Moi, pourtant, j’ai des histoires en suspens avec lui.
- C’est un idiot que ton parent, tu es très méritant. (Elle me serait contre elle.) Tu mérites un trône, il te faut une lignée. Je sais que ton immortalité peut te donner l’impression que tu n’as pas besoin de perpétuer ton sang, cependant ils pourraient t’être utile.
- « Ils » ? (Je la dévisageai surpris.)
- Tes enfants, ta descendance… Trouve-toi une femme mortelle, et fait lui des gamins. (Hum… Je n’étais pas très enthousiasmé par ça.)
- Soit... », dis-je ennuyé.
Je partis agacer, je ne voulais pas me marier, voilà tout. Encore moins à quelqu’un que je n’aimais pas. Je décidai donc d’aller voir mon père Aster. Après tout, s’il était si malade que ça, je n’avais pas beaucoup de temps pour ce faire. C’était tellement pratique d’être un dieu, pouvoir se rendre dans un lieu instantanément. La pièce où ils avaient installé mon père était plongée dans l’obscurité, il était couché dans un lit, et ce qui me frappa, c’est qu’il ne m’avait jamais paru aussi faible. Pour une fois, je n’avais plus peur de lui.
Mon père s’exclama, « Bohort ?!
- Théodore. », répondis-je étonné.
« C’est bien… Tu es un bon fils, tu visites ton père malade. (Je tiquai, je n’avais jamais entendu ces mots de sa bouche.) À moins que tu ne sois qu’une illusion de mon esprit malade. »
J’avais une impression de malaise non seulement par ses mots, mais aussi par la faible luminosité. Je m’approchai de la seule fenêtre pour essayer de rendre la pièce plus éclairée.
Je m’apprêtais à ouvrir les rideaux, quand Aster me cria, « Non ! N’ouvre pas ! »
Trop tard ! J’avais tiré sur ce qui maintenait les rideaux fermés, je fus d’autant plus frappé par son apparence. Il m’avait l’air d’être un vieux grabataire aux portes de la mort. Son visage s’était creusé, ses os étaient marqués, sa pâleur était morbide. Il était épuisé quasiment mort, il toussait comme un tuberculeux, ce qui me faisait dire qu’il n’en avait plus pour longtemps. Il eut un regard triste en voyant mon expression.
Il concéda, « Je sais, c’est horrible… Tu n’aurais pas dû ouvrir ces foutus rideaux…
- Oui… Antonin serait content de te voir ainsi, il n’aura plus à subir ta présence bientôt. (Je lui donnai un sourire mauvais.)
- Je sais, mais je pense que tu as tort, il a bon cœur, ça ne lui plairait pas… Je suis content qu’il ne soit pas venu. (Il avait le regard vide.) Tu te fais le héraut de la mort en disant l’évidence.
- Le héraut ? L’envoyé ? Je suis plus que ça, je suis la mort elle-même. (J’avais un regard terrifiant, je le voyais dans le reflet de la vitre qui était à côté de son lit.)
- Tu es comme moi ! (Pardon ?!) C’est toi qui aurais dû naître en premier, tu m’es identique ! Tu es un digne héritier ! », cria-t-il mi-enthousiaste, mi-désespéré.
J’eus un sourire mauvais, mon père en fut terrifié. Même dans son arrogance, c’était moi qui avais l’ascendant et il le savait. Aster posa sa tête contre le mur, je le sentais il n’en avait plus pour longtemps. Il me fallait régler mes affaires avec lui rapidement, si je voulais avoir la conscience tranquille.
Je demandai condescendant, « Père, pourquoi m’avoir rejeté ?
- Je n’avais pas de projet pour toi… (Pff… Je le savais bien ça.) Et surtout… (Il avait l’air d’avoir un regret sur le cœur.) Tu me ressemblais trop, non seulement tu avais le même physique que moi, mais tu avais aussi la même personnalité que moi quand j’étais enfant. (Mon père refusait de me regarder en face et ce n’était pas par mépris pour une fois. J’étais comme lui ? Je ne pouvais pas l’accepter.) Je… J’étais un être faible, je ne méritais pas le trône, j’aurais dû mourir disait mon père. »
Après ces derniers mots, il sombra dans une étrange apathie que je n’aimais pas. J’étais en colère, mais je le comprenais mieux, il me haïssait parce que j’étais comme lui et je suis devenu comme lui. C’était sans importance, il était fort, et ainsi je ne serai plus jamais faible ! On n’a jamais osé dire du mal de lui en face, alors on fera de même avec moi, on me craindra tant que nul n’aurait le courage de le faire. Je songeai alors à ce que m’avait dit Vi, et je pensai que mon père devait sûrement connaître un mariage intéressant pour moi. Je pris une chaise et m’installa près de son lit.
Je demandai, « Mon père, je cherche à me marier. As-tu des recommandations ?
- Je suis étonné que ton suzerain ne t’ait pas proposé certaines alliances. », dit-il un peu distant.
« Si, il m’a mis dans les bras une fille de rien. (J’étais furieux.) Cela doit être à cause de son éducation, Horacétius l’a élevé d’une façon indigne.
- Alors, épouse-là même si c’est une insulte à notre lignée, car ton souverain le veut. Théodore ravale pour l’instant ton égo ! »
Je quittai la pièce furieux, pourtant même si je ne le voulais pas, il fallait m’y résoudre. Non, je ne me soumettrais pas, je n’épouserais pas une femme que je n’aime pas. Voilà, donc une décision arrêtée, enfin, elle méritait d’être plus pensée, mais à quoi bon. Léandre se moque de moi, je le crois, déjà qu’il est l’élu et pas moi. J’aurais dû l’être, j’ai essayé, mais cette Argine, m’a rejeté. Maudit esprit ! Une me rejette, l’autre m’a fait croire que j’étais promis à un grand avenir, ma pauvre mère adoptive. N’importe, j’étais un dieu désormais, et je valais mieux que lui, je serais éternel, je serais puissant, je serais idolâtré. Cependant, si je ne trouvais pas d’autres solutions que ce mariage, il me faudrait m’y résoudre.
Pour me sortir de ma rêverie, j’entendis qu’une prière m’était adressé, on réclamait ma présence, voilà quelque chose d’intéressant. Je me retrouvai à nouveau vers la forêt de Nat, je cherchai du regard qui pouvait bien me demander et il n’y a aucun mot assez fort pour décrire ma surprise quand je le découvris.
Je demandai choqué, « Que me veux-tu, Nécronion ?
- Je t’offre ma vie, si tu me promets que tu ne feras de mal à personne. », répondit-il solennel.
« Quoi ?! », voilà une réponse digne d’un dieu.
Tu ne feras de mal à personnes, ce qui revient à dire ? Comme si, je faisais du mal à autrui sans raisons. Je regardai alors Nécronion, il me semblait si misérable, il n’avait pas encore guéri des blessures que je lui avais faites. Je compris, ça me frappa, immédiatement, ce qu’il avait voulu dire. Il se plaça à genoux devant moi et souleva ses cheveux de sortes à ce qu’il m’offrait sa nuque. Je voulais le tuer, mais je n’y arrivais pas. Mon épée m’échappa des mains, j’avais l’impression d’être un tyran, un monstre. Était-ce pour ça que ce fut Léandre qui fut choisi et non moi ? Qui sait c’était peut-être pour ça que mon père m’avait rejeté ? Il a senti le mal qui était en moi. Je ne peux emmener autour de moi que chaos et destruction, dans le fond être le dieu de la mort était un titre pleinement mérité.
Nécronion me lança, « Tout va bien, Théodore ?
- Oui… », dis-je comme absent.
« Non, tu mens ! (Je pouvais lire une sincère inquiétude dans son regard cela me touchait. Il n’était pas aussi méchant que l’on pouvait le penser.) Tu t’es écroulé à genoux, tu trembles, tu pleures. Si tu te sens coupable, ne le fait pas je t’en prie. Je ne mérite pas tant.
- Je…Je… Non, je… Suis-je monstre ? », balbutiai-je confus.
- Un monstre ? (Il me regarda surpris.) Tu n’es pas plus monstrueux que Vi et tu n’as que les défauts d’un simple humain.
- Vi ? Un monstre au lit, tu veux dire ? (Il eut l’air parfaitement offensé.)
- C’est ma mère, idiot ! (Il sembla réaliser quelque chose de grave.) Attends, ça veut dire que tu as… Non, non, ce n’est pas possible.
- Suis-je trop laid pour elle ? (Allons vas-y Théodore continue de t’enfoncer.)
- Ce n’est pas ça… (Il se releva en me dévisageant.) Méfie-toi, elle ne donne rien sans attendre en retour. (Son visage se décomposait à vue d’œil.) En ce point-là, nous sommes similaires malheureusement, mais c’est parce que je ne voulais plus lui faire honte.
- Lui faire honte ? (Je ris.) C’est la meilleure, tu ne sais pas ce que cela fait d’être le fils dont on ne veut pas.
- Tu crois… Tu as t… »
Il s’effondra en pleurs, avant d’avoir pu terminer sa phrase. Avais-je fait une bêtise ? La réponse était oui. Nous ne sommes pas si différents, il semblerait. Je ne savais pas quoi dire, des excuses ne suffiraient pas, hein ? Nécronion, releva la tête, ses yeux verts brillaient à causes des larmes.
Il me surprit en disant, « Je n’ai jamais autant pleuré que ces derniers jours, c’est donc ça que d’être un humain ?
- Non, enfin, pas que. (Je ne savais pas quoi dire.) Je te propose un câlin, c’est le meilleur que l’on peut offrir pour réconforter. », dis-je avec sympathie.
Il se blottit contre moi. Pour un adulte, je trouvai qu’il se comportait comme un enfant. Je pensai alors à ce que je devais faire, désormais. Enfin, ce n’était pas simple avec quelqu’un en train de pleurer dans mes bras.
« Je vois que tu as rencontré mon fils. », s’exclama une voix.
« Vi… Ton fils est charmant. (Ledit fils trembla rien qu’à l’audition de la voix de sa mère.)
-Tu sais tout de même qu’il est le dieu de la mort originel et qu’il est ton rival pour ce poste. (Elle paraissait m’intimer un ordre par ses mots.) Tu ne devrais pas le câliner, mon aimé.
- Comme je t’aime, je ne veux pas faire de tort à ton fils. (Je la regardai, elle avait l’air satisfaite.) Je vois que cela te convient.
- En effet, cependant mon fils et moi avons à parler. (Elle regarda Nécronion par-dessus mon épaule.) Viens donc, rejoindre ta mère, mon enfant. », elle donnait à ses paroles un ton si menaçant que j’en tremblai presque pour ce pauvre garçon.
Il s’exécuta, je me trouvai grandement confus. Je ne savais pas ce qu’elle pouvait bien lui vouloir, j’ignorais si je devais m’inquiéter ou non. Je me sentais mal pour lui, nous étions faits du même bois, une essence de rejet et d’abandon, si caractérisé par une jalousie de celui qui a mieux. Une vie de solitude contrainte, un vide que l’on ne peut combler, toujours en manque de quelque chose. En manque de confiance envers l’amour et l’affection que nous portera autrui. Voilà, bien l’état de mon cœur blessé. Pourtant, dans cet océan de malheur, j’avais trouvé de quoi m’ancrer, mon désir de devenir grand et puissant. Sur ce papier, j’encre mon ambition du bout de ma plume. Je régnerai, je dominerai, j’aurais un amour infini à donner et à recevoir, j’aurais tout et je détruirai ceux qui se mettront sur ma route. Il n’y a pas de meilleurs choix !
Fondation d'un Royaume
- 1 - Légende d'une fondation
- 1 - Prologue
- 2 - Chapitre 1 : Théodore Naissance d’un chevalier « Blanc »
- 3 - Chapitre 1 : « Alexandre » La sagesse du souverain guerrier
- 4 - Chapitre 1 : « Charles » Naissance d’un souverain au cœur de « pierre »
- 5 - Chapitre 1 : Léandre, Devenir un noble souverain
- 6 - Chapitre 2 : « Alexandre » Organiser un mariage royal
- 7 - Chapitre 2 : « Léandre » Rencontrer la femme de sa vie
- 8 - Chapitre 2 « Charles » Noble souverain inquiet de l’avenir
- 9 - Chapitre 2 : « Théodore » Trouver sa place
- 10 - Chapitre 3 : « Léandre » Réunir une élite de chevalier
- 11 - Chapitre 3 : « Charles » Celui que l’on nommera le chevalier du peuple
- 12 - Chapitre 1 : « Argine » Nécronion, dieu de la mort
- 13 - Chapitre 1 : « Grégoire » Prouver sa valeur
- 14 - Chapitre 4 : « Charles » Affronter le dragon et la fureur des chevaliers
- 15 - Chapitre 1 : « Horacétius » « Corrompu » par les ténèbres
- 16 - Chapitre 3 : « Alexandre » Au passé, au présent et à l’avenir
- 17 - Chapitre 1 : « Ali » Colère infortunée
- 18 - Chapitre 4 : « Léandre » À la croisée des chemins
- 19 - Chapitre 4 : « Alexandre » La femme araignée
- 20 - Chapitre 2 : « Argine » Les malheurs de Théodore
- 21 - Chapitre 3 : « Théodore » La voie du cœur
- 22 - Chapitre 2 : « Horacétius » Les démons de Nécronion
- 23 - Chapitre 1 : « Antonin » La nouvelle mission
- 24 - Chapitre 4 : « Théodore » Le chevalier blanc au cœur noir
- 25 - Chapitre 3 : « Horacétius » Le cœur de Nécronion
- 26 - Chapitre 1 : « Nécronion » Le début de la corruption
- 27 - Chapitre 5 : « Léandre » Accomplir sa destinée à tout prix
- 28 - Chapitre 2 : « Grégoire » Jeux de cour, jeux du cœur
- 29 - Chapitre 4 : « Horacétius » La descente aux enfers
- 30 - Chapitre 5 : « Charles » Jeux de dupes
- 31 - Chapitre 3 : « Grégoire » La menace du cœur
- 32 - Chapitre 3 : « Argine » Inquiétude
- 33 - Chapitre 2 : « Ali » Feu de la passion belliqueuse
- 34 - Chapitre 5 : « Théodore » Parangon des chevaliers blancs
- 35 - Chapitre 2 : « Nécronion » Un dieu doit tomber pour qu’un autre puisse s’élever
- 36 - Chapitre 3 : « Ali » Obscurité et complot
- 37 - Chapitre 4 : « Argine » Choisir le remplaçant de Nécronion
- 38 - Chapitre 6 : « Léandre » Le conseil des trois
- 39 - Chapitre 2 : « Antonin » L’art de la diplomatie
- 40 - Chapitre 4 : « Horacétius » Le nouveau dieu de la mort
- 41 - Chapitre 5 : « Alexandre » Le repas de dupes
- 42 - Chapitre 6 : « Théodore » Problème Paternel
- 43 - Chapitre 3 : « Antonin » Les alliances
- 44 - Chapitre 3 : « Nécronion » Duel de conviction
- 45 - Chapitre 7 : « Léandre » La trahison
- 46 - Chapitre 5 : « Horacétius » Le démon au visage d’ange
- 47 - Chapitre 6 : « Charles » La dispute
- 48 - Chapitre 4 : « Grégoire » Suspicion et doute
- 49 - Chapitre 7 : « Théodore » Jalousie et descente en enfer
- 50 - Chapitre 4 : « Antonin » Ce qu’il aurait pu être…
- 51 - Chapitre 4 : « Nécronion » Affronter sa destinée
- 52 - Chapitre 7 : « Léandre » Le cœur de la vengeance
- 53 - Chapitre 6 : « Alexandre » De mal en pis
- 54 - Chapitre 5 : « Argine » L’amour a ses raisons que tous ignorent !
- 55 - Chapitre 8 : « Théodore » Spirale infernale
- 56 - Chapitre 4 : « Ali » Les secrets
- 57 - Chapitre 8 : « Léandre » Dieu de la paix
- 58 - Chapitre 5 : « Nécronion » Le monde, mon seul amour
- 59 - Épilogue :
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